Société

L’école rurale toujours à la traîne

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Crise de l’éducation dans les zones rurales ? Les écoles, notamment primaires, y souffrent de l’absence pathétique des infrastructures de base. Les toilettes et l’eau potable . Les chiffres sont éloquents. Plus de 12 000 établissements primaires souffrent de cette situation, qui compromet sérieusement la scolarisation des enfants dans ces régions et la réussite du processus de scolarisation au niveau national. Ces chiffres officiels, à la fois inquiétants et alarmants, sont donnés par le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique et le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Eau et de l’Environnement, qui annoncent, dans un communiqué commun, la mise en place d’un programme national de mise à niveau environnementale des écoles rurales. Ce problème d’absence des infrastructures les plus élémentaires dans les écoles rurales comme les toilettes et l’eau potable, soulevé d’ailleurs par l’UNICEF, Fonds des Nations Unies pour l’enfance, obligent souvent les élèves, en particulier les filles, à abandonner l’école. Ce qui contribue davantage à l’augmentation de la déperdition scolaire dans ces régions, due également, faut-il le rappeler, à l’éloignement des établissements scolaires des domiciles des enfants.
Dans les communes rurales, la majorité des écoles se situent à des kilomètres des lieux d’habitation. Parfois, les classes sont installées dans des régions d’accès difficile. Parfois dangereux pour ces écoliers qui parcourent jusqu’à 20 km par jour. A cela s’ajoute le manque d’alimentation en électricité. Une autre difficulté qui complique davantage la situation.
Outre l’absence de logements de fonction décents pour les instituteurs, certaines écoles souffrent d’un manque de classes spécifiques pour chaque niveaux. Des élèves de différents niveau se trouvent donc entassés dans une seule et même salle de classe. Ce qui rend les conditions d’apprentissage très difficiles, voire impossibles. Par ailleurs, le manque d’instituteurs est criant. Certains instituteurs considèrent leur affectation dans les régions éloignées comme une sanction.
Tous ces problèmes, qui ne datent pas d’aujourd’hui mais de plusieurs années, créent des conditions défavorables pour la réussite scolaire des enfants du monde rural. Pour remédier à cette situation, le département de Habib El Malki, en partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire, a élaboré un nouveau programme national d’un coût global de près d’un milliard de dirhams. D’ailleurs, le ministère organisera le 25 septembre au siège de l’Office national de l’eau potable, une journée d’information sur ce programme dont la première composante porte sur la mise en place des infrastructures de base dans 12.180 écoles rurales. Rappelons que le même ministère a lancé récemment le programme d’informatisation des écoles. Comment compte-t-il introduire les NTIC  dans certaines régions où les écoles ne disposent ni d’eau potable, ni d’électricité, ni même de simples latrines ? Une école à deux vitesses? Jusqu’à quand ?

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