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Les chiffres choc sur les abus sexuels sur les garçons au Maroc

L’association Amane vient de publier son dernier rapport

Exploitation sexuelle : Les garçons victimes d’exploitation ou d’abus sexuels au Maroc sont âgés pour la plupart entre 6 et10 ans. L’extrême pauvreté constitue le principal facteur de risque d’exploitation sexuelle.

 

L’association marocaine Amane (Association meilleur avenir pour nos enfants) en collaboration avec l’ONG ECPAT International, qui est un réseau mondial de plus de 122 organisations de la société civile, vient de publier son dernier rapport sur l’exploitation et les abus sexuels des enfants et plus particulièrement des garçons. Selon l’enquête menée auprès des 36 travailleurs sociaux de première ligne en lien avec des enfants victimes de violences sexuelles au Maroc, 54% de leurs dossiers étaient constitués de garçons victimes d’exploitation et/ou d’abus sexuels. La tranche d’âge des 6-10 ans était la plus touchée par la violence sexuelle. Par ailleurs, les travailleurs sociaux ont indiqué que parmi les différentes formes d’exploitation et d’abus sexuels, le matériel sexuel auto-généré et réalisé à des fins de trafic constitue la forme la plus courante, que les victimes soient des garçons ou des filles. En ce qui concerne les garçons, 19% du total des travailleurs de première ligne ont indiqué avoir eu à traiter des cas où des garçons avaient généré et partagé des images et/ou des vidéos sexuelles d’eux-mêmes. Il faut aussi noter que 17% des travailleurs avaient géré des cas de garçons victimes de traite à des fins sexuelles. Ils ont aussi indiqué que les contreparties les plus courantes dans les situations d’exploitation sexuelle des garçons étaient l’argent (47%), la sécurité (15%), des biens (15%), un abri (6%), et d’autres (18%).

Les auteurs majoritairement des hommes
L’enquête révèle que les auteurs sont majoritairement des hommes, bien que des femmes soient également signalées. Dans 67% des cas où les garçons étaient victimes, les auteurs étaient des hommes, et dans 33% des cas, il s’agissait de femmes. Selon l’enquête, la majorité des délinquants sexuels était de nationalité marocaine (63% dans le cas des garçons victimes et 70% dans le cas des filles). Concernant les garçons, les résultats de l’enquête de terrain révèlent également que les auteurs d’actes d’exploitation et d’abus sexuels les plus courants sont un membre de la communauté âgé de plus de 18 ans (47%), un ami de la famille (36%), un autre parent âgé de plus de 18 ans (36%), un parent/beau-parent (31%) et une personne en position d’autorité (25%).
Enfin, interrogés sur les conséquences des violences sexuelles à l’égard des garçons, les travailleurs de première ligne ont répondu que les garçons exposés à de l’exploitation et des abus sexuels étaient victimes de discrimination et de stigmatisation, souffraient de maladies sexuelles et, dans certains cas, développaient des troubles psychologiques, physiques et cognitifs. En outre, ils ont également rapporté que certains garçons victimes se sentaient menacés, non compris. En outre, ils avaient des difficultés à développer des relations de confiance ou étaient abandonnés par leurs parents.

L’extrême pauvreté, le principal facteur de risque
A travers cette enquête, il a été demandé aux travailleurs sociaux d’identifier les facteurs socio-économiques et culturels les plus répandus qui augmentent la vulnérabilité des garçons à l’exploitation et aux abus sexuels au Maroc. 58% des travailleurs de première ligne ont indiqué que l’extrême pauvreté était le principal facteur de risque d’exploitation sexuelle des garçons. Viennent ensuite le fait de vivre, de travailler ou de passer du temps dans la rue (36%), l’abandon scolaire (31%), la migration de leur famille (28%) et la migration des garçons pour le travail (17%). Lorsqu’ils ont été interrogés sur les facteurs de risque liés au contexte culturel : 81% des travailleurs ont laissé entendre que le tabou entourant les organes sexuels et la sexualité aggravait la vulnérabilité des garçons à l’exploitation sexuelle, et contribuait à passer les crimes sexuels sous silence et donc à ne pas les traiter. Viennent ensuite la stigmatisation et la honte auxquelles les victimes sont souvent confrontées (64 %) et les croyances ou normes sociales selon lesquelles les garçons sont forts, non vulnérables et capables de se protéger eux-mêmes (44%).

Obstacles à la divulgation
Quant aux obstacles qui empêchent les garçons victimes de divulguer ces abus, ils sont au nombre de cinq, à savoir: le fait que parler du sexe et de sexualité soit tabou (53 %), la nature sensible et bouleversante du fait de parler de l’expérience (33 %), la crainte de la réaction des autres à la divulgation (25 %), les croyances liées à la masculinité (19 %) et la crainte que le garçon victime s’identifiant comme hétérosexuel soit perçu par les autres comme gay (17 %). La peur des répercussions ou d’un préjudice supplémentaire de la part de l’agresseur (17%) a également été identifiée comme un obstacle à la divulgation des violences sexuelles. Les réponses étaient donc axées sur les tabous entourant les organes sexuels et la sexualité, les normes sociales et de genre et la stigmatisation des victimes de violences sexuelles..

C’est le titre de la boite

Toujours pas de protection égale des enfants
Code pénal  L’association Amane estime que l’appareil législatif ne permet pas d’assurer une protection égale des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels. Une définition juridique uniforme du terme «enfant», conforme aux normes internationales et utilisée de manière cohérente dans les différentes lois, permettrait d’inclure les enfants âgés de 15 à 18 ans dans les dispositions législatives et les mesures de protection destinées aux enfants victimes de violences sexuelles. Il s’agirait notamment de modifier l’article 408 du code pénal et de criminaliser les actes consistant à blesser, battre ou priver intentionnellement un enfant âgé de plus de 15 ans de nourriture ou de soins au point de mettre sa santé en danger. Les garçons devraient figurer dans le champ d’application de l’article 486 du code pénal sur le viol. L’association signale que l’article devrait être révisé conformément aux normes internationales, pour se concentrer sur le statut de la victime, et non sur le sexe de la victime, afin d’offrir aux garçons et aux filles une protection égale en cas de viol.

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