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Les disparités territoriales et la qualité des apprentissages, principaux défis : Radioscopie du préscolaire au Maroc

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À l’échelle nationale, le taux de préscolarisation est passé de 50,2% en 2014-2015 à 70,4% en 2024-2025. 

Rapport : A l’occasion du séminaire international sur le préscolaire organisé les 10 et 11 février 2026 par l’Instance nationale de l’évaluation auprès du Conseil Supérieur de l’éducation, de la formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS), le Conseil a publié sur son site officiel un rapport d’évaluation qui dresse un état des lieux du préscolaire au Maroc. Les détails.

L’Instance nationale d’évaluation (INE) auprès du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), en partenariat avec l’Unicef a publié un rapport d’évaluation du préscolaire au Maroc. L’évaluation a ainsi porté sur un échantillon de 180 établissements scolaires. Le rapport signale que sur la période 2014-2015 à 2024-2025, les taux spécifiques de préscolarisation des enfants âgés de 4 à 5 ans révèlent une évolution ascendante mais non linéaire. À l’échelle nationale, le taux passe de 50,2% en 2014-2015 à 70,4% en 2024-2025, traduisant une progression continue mais encore éloignée du niveau visé pour la généralisation complète à l’horizon 2028. Selon le document, les écarts territoriaux restent marqués sur la période, bien qu’ils tendent à se resserrer à partir de 2022. Le milieu urbain, historiquement mieux couvert, passe de 61 % en 2014-2015 à 66,8% en 2024-2025, enregistrant une progression modérée. En revanche, le milieu rural connaît une évolution beaucoup plus prononcée, de 36,3% en 2014-2015 à 75,6% en 2024-2025, avec un rattrapage progressif jusqu’à dépasser le niveau urbain à partir de 2022-2023. La répartition par sexe illustre également une évolution vers la convergence. Les garçons, initialement plus nombreux (55,5% contre 44,7% en 2014-2015), conservent un léger avantage jusqu’en 2018-2019, avant que la tendance ne s’inverse à partir de 2020-2021, au profit des filles, qui atteignent 71,1% en 2024-2025 contre 69,8% pour les garçons. Cette évolution reflète une réduction progressive des écarts de genre.

Un score moyen global de 62 points

Les résultats révèlent que le score moyen global des enfants inscrits au préscolaire s’établit à 62 points sur 100, et trois enfants sur quatre dépassent le niveau intermédiaire de 50 points. Ainsi, au-delà de l’élargissement de l’accès à l’enseignement préscolaire, qui reste un enjeu majeur, la qualité des apprentissages constitue également un défi. Le rapport souligne que le renforcement ciblé des compétences encore non acquises représente un levier stratégique pour accroître la rétention des apprentissages après la préscolarisation. Selon le genre, les performances globales au préscolaire semblent relativement similaires, avec un score moyen de 63 pour les filles et de 61.5 pour les garçons. Cet écart de 2 points n’indique pas de différence significative entre les deux sexes. En revanche, l’écart de performance globale au préscolaire selon le milieu de résidence se révèle nettement plus prononcé que celui observé selon le genre. En moyenne, les enfants en milieu urbain obtiennent un score supérieur de 8 points à celui de leurs pairs en milieu rural (66 points contre 58).
Par ailleurs, la proportion d’enfants ayant atteint au moins le seuil de maîtrise intermédiaire s’élève à 86% en milieu urbain, contre seulement 64% en milieu rural, soit une différence de 22 points. Il est important de noter que le score moyen global des enfants du préscolaire présente des variations selon le type d’enseignement fréquenté. En effet, le secteur public affiche la performance la plus faible, avec un score moyen de 57 points. Il est suivi du préscolaire en partenariat (61 points). Ensemble, ces deux types d’enseignement concentrent près des deux tiers des enfants préscolarisés. Le préscolaire non structuré, représentant la plus faible part de l’effectif des préscolarisés avec 13%, obtient un score moyen de 67 points. Enfin, le préscolaire privé se distingue par la meilleure performance moyenne (71 points) et accueille environ 23% des enfants préscolarisés.

Le développement socio-émotionnel et les pré-mathématiques affichent les meilleurs scores

L’analyse a également porté sur les scores des enfants selon les quatre domaines d’apprentissage couverts par l’outil MODEL: les pré-mathématiques, la littératie précoce, les fonctions exécutives et le développement socio-émotionnel. La comparaison des scores selon ces domaines montre des écarts dans les niveaux d’acquisition, dans le sens où certaines compétences s’avèrent mieux maîtrisées que d’autres. C’est dans le domaine du développement socio-émotionnel que les enfants obtiennent, en moyenne, les meilleurs résultats, avec un score moyen de 68.4 points. Viennent ensuite les compétences pré-mathématiques qui affichent le deuxième score moyen le plus élevé avec 65 points. À un niveau inférieur, les compétences en fonctions exécutives affichent un score moyen de 60 points. Ces résultats, plus modestes que ceux observés en développement socio-émotionnel et en pré-mathématiques, suggèrent que les enfants abordent ce domaine avec davantage de difficulté. Quant à la littératie précoce, elle enregistre le score moyen le plus faible des quatre domaines (56 points). L’analyse des scores des enfants selon le niveau socio-économique de leurs familles montre que les enfants issus de familles aisées obtiennent des scores nettement plus élevés comparativement à leurs pairs appartenant à des familles très défavorisées. Dans l’ensemble, la différence entre les deux groupes d’enfants s’élève à environ 12 points, variant selon le domaine : la littératie précoce présente l’écart le plus marqué (14 points) tandis que le développement socio-émotionnel affiche le plus faible (8 points).

32% des enfants ne possèdent pas de livre à la maison

S’agissant des livres pour enfants, l’analyse des données au niveau national révèle que près de 32 % des enfants n’en possèdent aucun. Chez ceux qui en possèdent, la majorité (36%) ne dispose pas de plus cinq livres, tandis que 17 % des enfants possèdent entre 6 et 10 livres et 15 % en détiennent. Le pourcentage d’enfants qui ne possèdent pas de livres à leur maison est beaucoup plus élevé en milieu rural (53%) qu’en milieu urbain (16%). A la question posée aux parents sur le nombre de jours, au cours des sept derniers jours, durant lesquels une personne à la maison a lu pour l’enfant, les résultats indiquent que 58% des enfants n’a bénéficié d’aucune lecture, montrant ainsi que cette pratique reste absente pour la majorité. Les résultats de l’enquête montrent queplus le niveau d’instruction des parents est élevé, plus la pratique de la lecture à domicile est fréquente. Chez les parents ou tuteurs sans instruction, la grande majorité des enfants (74%) n’ont bénéficié d’aucune lecture à la maison. La lecture reste encore peu accessible dans les milieux à faible niveau d’instruction, alors qu’elle est reconnue pour ses effets positifs sur le développement du langage, la compréhension orale et l’intérêt pour les livres.

C’est le titre de la boite

Un personnel jeune et peu expérimenté

Encadrement  Le rapport précise que 41% des enfants sont encadrés par des éducatrices et éducateurs âgés de 30 ans ou moins. Cette tendance est particulièrement marquée dans le public (54%) et dans le partenariat (42%). À l’inverse, le privé et le non structuré s’appuient davantage sur un personnel plus âgé : 61% des enfants dans le privé et 49% dans le non structuré sont encadrés par des éducatrices et éducateurs de 30 à 50 ans. L’enquête montre que 49% des enfants sont encadrés par un personnel ayant moins de cinq années d’expérience en préscolaire tandis que seuls 14% bénéficient d’un encadrement assuré par un personnel éducatif disposant de plus de dix ans d’expérience. Les données indiquent que le personnel encadrant de seulement 13% des enfants préscolarisés possède une formation académique liée au domaine du développement de la petite enfance.