Société

Les grévistes de la faim de Chabat

© D.R

Six ex-fonctionnaires de la commune urbaine de Fès sont entrés en grève de la faim illimitée depuis le 18 juillet dernier. Ils font partie d’un groupe de sept employés communaux s’estimant avoir été licenciés de manière abusive par Hamid Chabat, le maire istiqlalien de la capitale spirituelle.
Le conflit remonte au début du mois de février dernier quand un groupe de sept fonctionnaires se sont vus notifier leur mise à l’écart par la commune urbaine après une année de service. Les grévistes de la faim ainsi que leur comité de soutien, affirment que plusieurs tentatives de dialogue n’ont rien donné. Fin mai dernier, ajoutent-ils, ils ont organisé un premier sit-in devant la commune urbaine et qui s’est soldé par ce qu’ils qualifient d’agression de la part de la « sécurité du président ».
Leur première grève de la faim, à en croire un récent communiqué, date du mois de juillet dernier d’abord pour une période de 48 heures, suivie de trois jours. Le 18 du même mois, ils décident d’entrer en grève de la faim illimitée. Et c’est le départ de plusieurs sit-in et manifestations de solidarité organisés tout au long de la deuxième moitié de juillet et lors des premiers jours d’août.
Toutefois, les choses se sont corsées dernièrement quand les grévistes de la faim ont été transférés à l’hôpital Ghassani, mais surtout avec, note un dernier communiqué de leur comité de soutien (22 partis politiques, syndicats et associations), l’une des grévistes qui est entrée dans un état comateux depuis le 9 août. Aujourd’hui, le comité de soutien des grévistes appelle toutes les parties concernées à assumer leurs responsabilités pour éviter le pire surtout que la grève de la faim des six fonctionnaires en est à la quatrième semaine.
Pire encore, les grévistes accusent Hamid Chabat d’avoir poussé les employés affiliés à son syndicat (les UGTM) à faire une grève, le 3 août dernier, pour s’en servir comme alibi et faciliter interventions policières et le transfert des grévistes de la faim à l’hôpital.
Aujourd’hui, c’est l’état de santé de Fatiha Fougani, l’une des six grévistes, qui suscite beaucoup d’inquiétude. Mais aussi celui des autres grévistes de la faim qui risque d’empirer d’un moment à l’autre. Leur comité de soutien affirme qu’à la date du 9 août, plus de 50 lettres ont été envoyées au maire, mais aussi à plusieurs responsables gouvernementaux pour intervenir et mettre fin à ce qui risque de devenir un drame. En vain.
Contacté par ALM, le maire de Fès apporte une tout autre version des faits. Hamid Chabat affirme qu’il s’agit de sept personnes embauchées par la commune urbaine, mais qui ne sont pas encore titulaires ou alors qui refusent malgré cela de rejoindre leurs postes. Pour le maire de Fès, les sept personnes faisaient partie de l’association locale des diplômés chômeurs avec laquelle, ajoute-t-il, il a toujours eu de très bons rapports et ce depuis près de douze ans. Il en veut pour preuve le fait d’avoir consacré à cette association 15 postes budgétaires en 2004 avec toutes les contraintes que cela suppose. Chabat affirme que les actuels grévistes, au lieu de faire leur travail, ont continué à manifester avec leurs ex-camarades de l’association des diplômés chômeurs ! Il cite l’exemple de Fatiha Fougani qui ne s’est jamais présentée à son poste. Face à ces dérives, affirme Chabat, il fallait faire jouer la loi et ces personnes ont été licenciées après l’avis de la commission compétente et l’aval du secrétaire général (USFP) du conseil de la ville.
Le maire istiqlalien, qui déclare que ceux qui s’estiment lésés n’ont qu’à recourir à la justice, accuse des partis politiques aux «sièges toujours vides» d’être derrière les grévistes pour des fins électoralistes.
Pour Chabat, le conseil de la ville a d’autres problèmes à gérer au lieu d’être l’otage de telles «manœuvres». A l’en croire, les charges salariales des communes de Fès absorbent 130 millions de dirhams par an, soit l’équivalent du budget d’une cinquantaine de communes rurales…

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