Société

Les handicapés doivent attendre

© D.R

Depuis la promulgation en 1997 d’un décret sur la carte de personnes handicapées, aucune carte d’invalidité n’a été délivrée à ce jour. Ce retard accusé dans l’octroi de ces cartes aux personnes concernées, explique la Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, de l’Enfance et des Personnes handicapées, Yasmina Baddou, est lié à la lenteur de l’examen des demandes. «Selon les textes de loi définissant le mode d’octroi de la carte aux personnes handicapées, les personnes éligibles doivent passer par une commission technique centrale composée par des médecins des secteurs public et privé ainsi que des spécialistes dans les domaines médical et paramédical. Ce comité est le seul habilité à déclarer que telle personne est handicapée et donc ayant le droit de bénéficier d’une carte d’invalidité. Vu que la commission ne se réunit que rarement, le nombre des dossiers étudiés ne dépassait pas 2000 cas par an», explique Mme Baddou.
Pour résoudre ce problème et en vue d’augmenter la cadence d’examen des demandes, il a été procédé, en collaboration avec le ministère de la Santé, à la création de seize comités régionaux depuis 2003, portant ainsi le nombre des dossiers examinés de 2.000 à environ 30.000 par an.
Au total, 150.000 cartes ont été examinées par ces commissions techniques, alors que le nombre des handicapés au Maroc est de 1,5 million de personnes.
Concernant les raisons de non-distribution de ces cartes d’invalidité aux concernés, Mme Baddou répond : «Pour le moment, nous ne pouvons pas distribuer les cartes déjà prêtes car il serait difficile de contenir la colère des mécontents, ceux dont les dossiers n’ont pas encore été étudiés». Et d’ajouter : «il faut préparer l’ensemble des cartes puis les distribuer à tous les bénéficiaires».
Cependant, la non-possession de carte ne prive en aucun cas les personnes handicapées de bénéficier des avantages et des droits stipulés par la législation en vigueur sur la protection sociale ainsi que les droits à l’éducation, à la formation et à l’emploi.
«Les enfants handicapés ont droit, entre autres, à la scolarisation, à la santé et à l’emploi. En partenariat avec les ministères de l’Education, de la Santé et la Fondation Mohammed V, nous avons mis à la disposition des enfants handicapés 240 classes intégrées dans les établissements scolaires publics. De même, les personnes infirmes bénéficient d’une couverture médicale spécifique. Concernant l’emploi, 7% des postes budgétaires sont réservés aux personnes handicapées», ajoute Mme Baddou.
Pour faciliter l’accès des concernés à l’emploi, son département leur délivre une attestation d’invalidité.