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Accompagnement et réintégration des saisonnières marocaines en Espagne

Une nouvelle publication de Policy Center for the New South, qui vient d’être dévoilée, analyse l’accompagnement et la réintégration des travailleuses marocaines saisonnières en Espagne. Elaborée par Aomar Ibourk, Karim El Aynaoui et Tayeb Ghazi, cette nouvelle publication intitulée «Migration circulaire et intermédiation: enseignements tirés de l’expérience des travailleuses marocaines saisonnières en Espagne» met en exergue la nécessité d’un accompagnement adéquat de ces saisonnières sachant qu’elles ne sont employées que moins de six mois dans l’année dans l’agriculture, qui reste peu rémunératrice. Le dernier épisode de migration circulaire a pu contribuer à une plus grande autonomisation économique des femmes bénéficiaires selon une étude de l’OIM publiée en mars 2022.

Ainsi près de la moitié touchent entre 1.000 et 1.500 euros par mois et 95% sont satisfaites de leur salaire. La majorité des saisonnières agricoles revient au Maroc avec 25.000 dirhams (environ 2.500 euros) et plus. 97% des bénéficiaires se sentent plus confiantes, sûres d’elles, libres et émancipées, d’un point de vue professionnel. L’étude de Policy Center relève que cette prise de confiance, d’assurance et de conscience pousse les femmes bénéficiaires à penser prospecter de nouveaux horizons. D’où la nécessité d’un accompagnement adéquat dans la mesure où ces femmes sont faiblement instruites (la moitié n’est jamais allée à l’école, 27% ont été au primaire, et seules 11% ont fait des études secondaires). Elles sont issues de milieux ruraux souvent fragiles: 80% vivent dans des foyers d’au moins trois à 10 personnes, 70% dans des foyers où aucun membre ne dispose d’emploi fixe, la moitié dans des foyers ayant un revenu mensuel de moins de 1.000 dirhams, et moins de 1.500 pour 80%.

L’étude indique que la question de l’accompagnement devrait également être suscitée par les pratiques financières des femmes bénéficiaires qui, d’une part, optent souvent pour la thésaurisation de l’argent perçu, lors de leurs migrations, à la maison (seulement 28% des femmes mettent leur argent dans les banques espagnoles) et, d’autre part, constituent une épargne considérable relativement à leurs situations de départ (la moitié vit dans des foyers ayant un revenu mensuel de moins de 1.000 dirhams). Il est à signaler que 51% des femmes bénéficiaires expriment le besoin d’apprendre à mieux gérer et rentabiliser cet argent. Par ailleurs, l’accompagnement de ces saisonnières agricoles est primordial en raison des changements de leurs situations professionnelles suite à leur expérience migratoire. Elles deviennent plus actives (73% disent avoir poursuivi leur activité), connaissent des évolutions de salaire (26%), changent d’activité (25%). Elles exercent des activités génératrices de revenus dans les domaines du commerce ou de l’agriculture, elles sont 58% à vouloir être formées au montage de petites et moyennes entreprises. Des mesures de réintégration devraient être mises en place avant même que les travailleuses saisonnières ne quittent leur pays d’origine, afin qu’elles soient bien préparées et qu’elles aient eu le temps d’envisager leurs possibilités après la migration.

Aussi, l’orientation et la formation professionnelles de ces femmes avant l’émigration permettraient de mieux les préparer à la réintégration sur le marché du travail ou à la création de petites entreprises à leur retour. Et par conséquent, ces mesures devraient être intégrées dans le cadre des accords de travail, ce qui permettrait de poser les bases pour une éventuelle coopération internationale dans l’accompagnement des saisonnières marocaines.

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Huelva : 15.000 saisonnières marocaines pour la cueillette des fruits rouges

L’évolution du nombre des saisonnières marocaines en Espagne est passée par différents épisodes. Le premier s’inscrit dans le cadre du programme MEDA II (Projet européen d’appui institutionnel à la circulation des personnes) de 49 mois, se terminant en janvier 2010. Après un départ de 5.000 femmes lors du lancement du programme, le nombre de femmes recrutées a atteint 13.000 en 2008 et 17.000 en 2009. La fin du programme et l’avènement de la crise, notamment celle de la dette dans l’Europe méditerranéenne, expliquent la baisse drastique du nombre de bénéficiaires à environ 2.000 femmes recrutées (OIM, 2022). En 2017, il a été observé un retour qui s’est poursuivi en 2018 et 2019 avec des chiffres se situant autour de 15.000 bénéficiaires. La chute en 2020 à 7.083 bénéficiaires était attendue dans un contexte de crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19. Pour la prochaine campagne de fraises et de fruits rouges, 15.000 saisonnières dont 5.000 nouvelles sont attendues. Selon la presse espagnole, la sous-délégation du gouvernement à Huelva a annoncé l’arrivée d’une première vague de 10.000 saisonnières marocaines entre janvier et mi-mars 2023, puis d’une deuxième vague de 5.000 nouvelles saisonnières entre la deuxième quinzaine de mars et début avril.

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