Société

L’Italie décidée à refouler les clandestins vers la Libye

«L’Italie continuera malgré les critiques à refouler vers la Libye les immigrants clandestins interceptés en Méditerranée dans les eaux internationales car c’est la ligne juste», a affirmé samedi le ministre italien de l’Intérieur, Roberto Maroni. «Nous continuerons à suivre cette ligne car c’est la ligne juste pour combattre l’immigration clandestine», a-t-il déclaré en marge d’une fête de la police à Varese, en Lombardie, dans le nord du pays. M. Maroni a rejeté les critiques de l’opposition de gauche, en affirmant que la politique en question avait été lancée sous le précédent gouvernement de gauche. «Ce n’est pas moi qui ai prévu cet accord mais mon prédécesseur Giulio Amato sous le gouvernement Prodi. Je ne fais que l’appliquer», a-t-il affirmé selon l’agence Ansa. Il y a une semaine, l’Italie a pour la première fois procédé au refoulement direct vers la Libye de 500 clandestins secourus ou interceptés en mer dans les eaux internationales. Ces rapatriements ont été dénoncés par les organisations de défense des droits de l’Homme et le Haut commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR), aux motifs que les clandestins n’ont pas la possibilité de déposer une demande d’asile et que la Libye n’a pas signé les conventions des Nations unies sur les réfugiés. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé de son côté samedi, que les demandes d’asile des immigrants pourraient être effectuées directement à bord des navires au moment de l’interception. «Il est clair que nous ne pouvons faire entrer en Italie cent personnes pour recevoir trois ou quatre demandes d’asile. Or qui arrive à Lampedusa arrive en fait à Hambourg et nous avons le devoir de lutter contre l’immigration clandestine», a déclaré M. Frattini lors d’une réunion du Parti populaire européen (PP) à Trieste (nord-est). Pour rappel, la Libye et l’Italie avaient signé en février à Tripoli, un protocole d’un accord de coopération dans le domaine de la lutte contre l’immigration clandestine. L’accord à été paraphé par le secrétaire général du comité populaire général libyen de la sûreté publique, le général Abdelfattah Younes et le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni. Il stipule la nécessité d’assurer la gestion efficace, la coordination des activités de formation et des opérations des patrouilles maritimes communes, la détermination du type des embarcations maritimes, leurs moyens, leur financement, leurs normes et les autres dispositions nécessaires dans le cadre de l’interception de l’immigration clandestine.