Addiction
Cette augmentation des dépenses est attribuée d’après les professionnels à l’addiction aux achats qui s’empare de plus en plus des consommateurs en ce mois du jeûne ainsi qu’à l’approche de la Nuit du destin et l’Aïd Al Fitr.
Depuis le premier jour du Ramadan, les familles tangéroises continuent de vivre dans une ambiance festive et de spiritualité, mais elles voient, comme chaque année, leurs dépenses augmenter beaucoup plus durant les deux dernières semaines de ce mois sacré. Cette augmentation des dépenses est attribuée d’après les professionnels à l’addiction aux achats qui s’empare de plus en plus des consommateurs en ce mois du jeûne ainsi qu’à l’approche de Laylat Al Qadr (Nuit du destin) et Aïd Al Fitr (fête de la rupture). Comme partout au Maroc, «nous avons commencé nos préparatifs bien avant le Ramadan, afin de pouvoir répondre à la demande en des viandes de volailles à Tanger. Surtout que plusieurs recettes marocaines sont préparées à base de viande blanche. Les deux dernières semaines de Ramadan à Tanger connaissent comme chaque année une forte demande en cette viande par rapport aux deux premières. Nous avons toujours conseillé aux consommateurs de rationnaliser leur consommation pour éviter cette pression sur le marché», a expliqué Khalid Rabiti, responsable de la communication à la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), faisant remarquer que les ménages doivent acheter à l’avance la quantité de viandes de volaille qui leur faut et la ranger dans leur frigo, pour arriver à maintenir leur consommation des plats et recettes à titre d’exemple de poulet et contribuer à «faire baisser la pression pendant les deux dernières semaines du Ramadan».
Engouement pour les ingrédients et produits alimentaires
En plus de la viande blanche, les autres produits alimentaires (poisson, viande rouge, fruits et légumes, …) et ingrédients sont beaucoup plus sollicités dans les grandes surfaces comme dans les marchés et les souks de Tanger. «Cet engouement reflète notre attachement à nos spécialités traditionnelles marocaines et spécifiques au Ramadan. En tant que passionnée de l’art culinaire, je trouve que les mères et les grandes-mères veulent monter leur grand talent dans la préparation des chhiwates tout au long du mois du jeûne. Elles font de leur mieux pour continuer à gâter leurs époux, leurs progénitures et leurs petits enfants, surtout lors d’occasions comme Laylat Al Qadr, où elles préparent des plats copieux spécifiques à cette nuit», dit Sanae, enseignante de français à la retraite, tout en appelant les ménages à lutter contre le gaspillage qui prend encore plus d’ampleur dans leurs préparatifs pour Laylat Al Qadr et Aïd Al Fitr.
Forte demande des habits traditionnels
En plus des produits alimentaires, les ateliers et les magasins des habits traditionnels des différents quartiers comme Souk Dakhel (Petit Socco) ne désemplissent pas, notamment à l’approche de la Nuit du destin et la fête de la rupture. Cette forte demande des habits traditionnels crée une nouvelle dynamique pour les différents commerces situés dans ces quartiers connus par la production et la vente des produits de l’artisanat.
Comme par le passé, les Tangérois ont l’habitude de préparer ou d’acheter de nouvelles tenues traditionnelles pour les porter pendant la prière de Tarawih ou à l’occasion de Laylat Al Qadr et Aïd Al Fitr. «Nous commençons à connaître une progression de notre activité des mois avant Ramadan. Car certaines de nos clientes ont l’habitude de préparer leurs jellabas, Kmiss,… bien avant ce mois sacré. Alors que notre activité connaît une forte progression à l’approche de Laylat Al Qadr et Aïd El Fitr», fait savoir Maâlem Moulay Ali.
Notons que cette période constitue une haute saison pour les autres commerces, comme ceux du prêt-à-porter et chaussures pour enfants, du parfum, de l’encens, de la babouche marocaine pour homme et femme, qui connaissent à cette occasion une augmentation de leurs chiffres d’affaires.
Rupture du jeûne dans des restaurants ou en plein air
Après les ftours des premiers dix jours du Ramadan chez eux, certains Tangérois veulent briser la routine et sortir pour rompre le jeûne en famille ou entre amis en plein air (en face de la mer ou dans un coin de verdure) ou dans des restaurants, situés généralement sur la côte ou au centre-ville. Les chefs cuisiniers des hôtels et restaurants donnent libre cours à leur imagination pour créer de belles recettes et préparer des chhiwates et des célèbres plats traditionnels marocains pour pouvoir prendre le pas sur leurs concurrents et attirer beaucoup plus de clients. Face à cette concurrence, «nous proposons une offre diversifiée à la hauteur des attentes de la clientèle. Celle-ci se compose de ceux qui viennent rompre le jeûne en famille pour sortir de la routine et prendre leur ftour dans un cadre plus convivial, en solo ou en couple, qui travaillent toute la journée et n’ont pas assez de temps pour préparer le ftour. Nous avons préparé des menus bien adaptés à tous les goûts et selon la spécificité de ce mois. Ils se composent ainsi de la harira, chebakia, baghrir, rghifa, etc. Ils comprennent également d’autres recettes comme la soupe de fruits de mer et les tajines. Nous recevons après la prière des Tarawih des clients qui viennent généralement prendre leur café entre amis, sur la terrasse», a expliqué Mohamed Adbib, propriétaire d’un restaurant au centre-ville, tout en tenant à préciser que les recettes tirées pendant le mois du Ramadan peuvent à peine couvrir les coûts et le salaire du personnel de son établissement.










