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Mohamed Ghariani reproche à RSF un «manque d’objectivité»

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Un haut responsable du parti au pouvoir en Tunisie a reproché, samedi, à l’organisation Reporters sans frontières (RSF) un «manque d’objectivité et son parti pris» dans l’affaire du journaliste Taoufik Ben Brik. «Ce n’est pas normal qu’on écoute un seul son de cloche», a jugé le secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), Mohamed Ghariani, lors d’une conférence de presse.   
Le journaliste doit comparaître le 19 novembre devant le tribunal correctionnel de Tunis, à la suite d’une plainte déposée par une femme qui l’accuse de l’avoir agressée, insultée et d’avoir endommagé sa voiture. L’association de défense de la liberté de la presse RSF, basée à Paris, a dénoncé une affaire «montée de toutes pièces par les autorités pour inquiéter le journaliste, connu pour ses articles critiques à l’égard du président Ben Ali».     
M. Ghariani a qualifié de «grave» l’attitude de «certaines parties qui considèrent qu’il suffit d’être un activiste pour se prévaloir d’une immunité et se placer au-dessus de la loi». «Pour être respectées, ces ONG doivent respecter la souveraineté des pays», a-t-il martelé. M. Ghariani s’en est pris, par ailleurs, à ce qu’il a appelé une «minorité de Tunisiens» qui recourent à «des parties étrangères pour diffuser des allégations mensongères» contre leur pays. Selon lui, il s’agit là de «procédés immoraux» qui «dénotent de troubles psychiques dans la personnalité de leurs auteurs». De telles méthodes sont considérées par l’opinion publique en Tunisie comme «une traîtrise» dans la mesure où elles «portent atteinte aux intérêts des citoyens et du pays», a-t-il ajouté. Le dirigeant du RCD présentait à la presse le programme des festivités prévues pour le 22ème anniversaire de l’accession au pouvoir du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987. Le chef de l’état a été réélu dimanche dernier avec 89,62% des voix pour un cinquième mandat.
Pour rappel, le président tunisien est né le 3 septembre 1936 à Hammam Sousse. Il occupe les fonctions de président de la République depuis le 7 novembre 1987. Après divers postes au sein de l’armée et de la Sûreté nationale, il devient ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Rachid Sfar puis remplace ce dernier comme Premier ministre. Il finit, lors de ce qui est considéré souvent comme un coup d’état, par déposer le président Habib Bourguiba, officiellement, «pour raisons médicales» et lui succède en sa qualité de dauphin constitutionnel. Son accession au pouvoir intervient à une époque où le pays est en proie aux luttes de succession, dont il fait partie, aux tensions politiques et économiques et à la montée de l’intégrisme.
Sous la présidence de Ben Ali, l’économie tunisienne était classée en 2007 première en termes de compétitivité économique en Afrique, selon le Forum économique mondial.

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