Société

Nouvel An amazigh: Tagoula, l’incontournable plat de la gastronomie berbère

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Des us et coutumes, qui demeurent jusqu’à aujourd’hui malgré les grands changements du cadre de vie des Amazighs, meublent encore la journée et la veille de l’arrivée du Nouvel An. Tiznit et d’autres villes de la région du Souss-Massa ont fêté l’arrivée de l’année 2966.

«Nous nous réveillons tôt le matin, avant le lever du soleil. Nous nous lavons et mettons nos habits traditionnels. Notre matinée commence par la visite des morts d’abord. Ainsi, nous nous rendons aux cimetières pour nous recueillir auprès de nos chers défunts. Nous honorons de ce fait nos morts avant nos vivants et nous montrons que nous leur gardons toujours une place dans nos vies malgré leur absence», souligne Ibba Keltoum. Une autre tradition est au programme de cette journée.

«Au cours de la même matinée, nous aspergeons d’eau et de parfum nos vêtements, maisons, bétail et denrées alimentaires pour annoncer l’arrivée d’une année de prospérité», explique-t-elle. Commencent alors les festivités et préparations de cette fête. «Après un recueillement auprès de nos morts nous commençons les visites aux proches et membres de familles comme nous recevons nos visiteurs qui viennent nous souhaiter une joyeuse année», déclare cette sexagénaire.  

Les femmes s’affairent dans les cuisines pour gâter les palais de leurs proches. «Lors de cette journée, les femmes s’activent pour préparer les plats traditionnels et surtout le plat principal de cette célébration, «Tagoula». Ce plat est préparé à base de maïs. Nous envoyons nos denrées de maïs, dans un premier temps, dans les moulins traditionnels pour le concassage. Il ne faut pas le concasser au point d’en faire de la farine». Ceci étant, la cuisson du plat principal pour cette nuit se fait minutieusement. «La cuisson de Tagoula se fait à feu doux pendant au moins quatre heures, tout au long de l’après-midi. Nous préparons en même temps un plat de semoule décoré avec des œufs et des dattes. Ce plat est appelé «Takssrite mou lbroj».

La décoration se fait par des petits et fins bâtonnets dans lesquels nous introduisons des œufs et des dattes et que nous déposons soigneusement sur le plat de semoule cuite à la vapeur», nous explique Ibba Keltoum. À la tombée de la nuit, les mets préparés et décorés soigneusement sont servis. «Les familles se regroupent la nuit. Nous chantons, dansons et nous nous régalons des plats préparés pour cette fête.

Par ailleurs, avant de servir «Tagoula» nous y déposons l’os d’une datte bien enfoui au fond du plat. Celui ou celle qui le retrouve aura une année prospère», souligne-t-elle.  Dans d’autres contrées, deux os de dattes sont cachés soigneusement dans «Tagoula». Le premier os signifie une prospérité qui accompagnera la personne tout au long de l’année et la prospérité de son bétail.

Le bétail étant une richesse dans le temps. Le deuxième os signifie que la personne aura des chèvres fécondes et nombreuses. Les chèvres étant aussi un élément de richesse et un moyen d’assurance contre les hasards de la vie.

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