Omar Moro : «La véritable guerre sera après la sortie du confinement»

Omar Moro : «La véritable guerre sera après la sortie du confinement»

Omar Moro, président de la Fédération des Chambres marocaines de commerce, d’industrie et de services (FCMCIS)

Dans cet entretien, le président de la FCMCIS, Omar Moro, présente les propositions et solutions retenues dans le nouveau mémorandum émis par la Fédération pour venir en aide aux secteurs les plus affectés par la crise sanitaire.

ALM : Dans quel cadre intervient plus précisément la mise en place de cette note par la FMCCIS ?

Omar Moro : C’est un mémorandum dicté par l’état d’urgence sanitaire et des circonstances exceptionnelles que connaît le Maroc depuis le 20 mars en raison de la pandémie de Covid-19. La FMCCIS a le privilège d’être membre de la Commission nationale de veille économique, c’est ainsi qu’elle s’est mobilisée avec les 12 Chambres marocaines de commerce, d’industrie et de services, qu’elle représente à assurer le suivi et l’accompagnement des opérateurs économiques à travers tout le Royaume, en vue de formuler des avis, avancer des propositions et donner tous les éclaircissements et informations concernant les effets de la pandémie sur leurs secteurs d’activités commerciales, industrielles et de services.

D’après les résultats de cette nouvelle note, quel constat faites-vous de la situation économique actuelle au Maroc ?

Sur la base d’un suivi attentif de la situation des différentes régions, la FMCCIS s’est prononcée sur l’ampleur des problèmes rencontrés par la majorité des secteurs économiques à cause de la pandémie. En effet, si le Maroc mène actuellement une lutte acharnée contre la propagation de cette pandémie, la véritable guerre sera après la sortie du confinement. Ainsi les résultats préliminaires montrent clairement dans quelle mesure le coronavirus a impacté lourdement la plupart des secteurs du commerce, de l’industrie ou de services.
Les raisons avancées et la situation actuelle sont liées soit à la fermeture administrative, l’annulation des commandes, l’interruption de l’approvisionnement en matières premières ou de financement, les problèmes logistiques et de transport entre les communes,…

Quelles sont les principales propositions et solutions présentées par cette nouvelle note ?
La FMCCIS s’est concentrée sur un ensemble de mesures sectorielles conjointes ainsi que sur d’autres propositions liées à des secteurs spécifiques touchant les volets organisationnel, financier, fiscal, bancaire, économique,… Nous ne prétendons pas avoir répondu à toutes les questions soulevées mais nous avons essayé de fournir un cadre général susceptible d’être développé et enrichi. Parmi les principales actions proposées par la FCMCIS, celle de finaliser l’élaboration de la stratégie nationale pour le développement du secteur du commerce conformément au Forum national de Marrakech, tenu au cours du mois d’avril 2019 ; accorder une importance particulière aux petits commerçants dont les entreprises ont été gravement touchées par la pandémie et tenir compte de leurs problèmes dans toute mesure à venir visant l’accompagnement de leurs activités et de constituer des comités régionaux pour soutenir et accompagner les professionnels et les entreprises dans la relance de leurs activités. Il s’agit aussi d’accélérer la mise en place des mesures sociales au profit des professionnels, notamment la partie liée à la retraite et à l’assurance maladie ; d’accompagner la transition digitale des professionnels et leur faciliter l’accès aux services électroniques fournis par les institutions publiques et de promouvoir des mesures visant à encourager le produit national et continuer à soutenir la compétitivité du produit national.

Quels sont les principaux secteurs les plus affectés par la crise sanitaire ?
Nous constatons que l’écosystème tourisme est parmi les secteurs les plus impactés par la pandémie. La plupart des hôtels, des complexes et installations touristiques, les agences de voyages, le transport touristique, la location de voitures, les cafés et restaurants, les tour-opérateurs ont été frappés de plein fouet dès le début de la pandémie. Concernant le secteur industrie, ce sont surtout les entreprises opérant dans l’export ou marché intérieur, dans l’immobilier et construction qui continuent de subir les conséquences de cette crise. Quant au commerce, celui-ci reste également parmi les plus touchés par cette pandémie, mais aussi par la crise structurelle dont souffre le secteur et l’absence d’aide et d’accompagnement d’une large catégorie de commerçants.

Quel est le bilan de vos réunions avec les institutions et départements ministériels pour venir en aide à ces secteurs en difficulté ?
Poursuivre la coordination et la consultation avec toutes les parties prenantes s’avère à l’heure actuelle une nécessité. C’est ainsi que nous entretenons des réunions régulières avec tous les départements et institutions et aussi bien au niveau central qu’aux niveaux local et régional. Notre souci est de gérer la situation actuelle mais aussi de préparer notre sortie du confinement avec pragmatisme et objectivité, tout en prenant en compte l’intérêt suprême de notre pays, qui place la santé et la sécurité du citoyen au premier rang et fait de l’appui aux secteurs économiques et de la revitalisation de l’entreprise marocaine un gage d’une bonne reprise de l’économie nationale sous le leadership de SM le Roi Mohammed VI. Ainsi nous travaillons pour la mise en place d’un plan intégré, cohérent et équilibré entre l’Etat, le secteur privé et le citoyen tout en insistant sur le renforcement de la demande du «made in Morocco».

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