Ordonnance médicale : Les médecins obligés de soigner leur écriture

Ordonnance médicale :  Les médecins obligés  de soigner leur écriture

Entrée en vigueur du nouveau code de déontologie revoyant la relation patient-soignant. Les détails.

Qui des patients ou pharmaciens n’a pas été au moins une seule fois dans sa vie face à une ordonnance médicale illisible? Aujourd’hui, la situation risque de changer. En effet, un décret portant code de la déontologie des médecins vient d’être publié au Bulletin officiel demandant aux praticiens de soigner leur écriture. Dans ce sens, l’article 39 dudit code stipule que «le médecin doit prescrire avec un niveau suffisant de clarté le médicament pour les patients avec une écriture lisible tout en veillant à ce que le malade et son entourage puissent le comprendre». Il faut dire qu’au Maroc et partout dans le monde, les ordonnances médicales sont souvent rédigées dans un style qui les rendent pratiquement illisibles pour les patients et leurs familles voire les pharmaciens eux-mêmes.

Si de plus en plus de médecins utilisent des logiciels informatiques, ce qui permet d’avoir des ordonnances imprimées avec une calligraphie parfaitement accessible et lisible pour tout le monde, d’autres praticiens continuent de rédiger des documents très peu lisibles. L’entrée en vigueur du nouveau code pourrait ainsi pousser les professionnels à faire des efforts supplémentaires en soignant leur écriture. Il faut dire que le décret publié au Bulletin officiel revoit en quelque sorte, la relation patient-soignant. Dans ce sens, Il sera interdit aux médecins de proposer des solutions ou procédés aux patients dans le but de maximiser le profit. Sur ce plan également, des patients se voient proposer, dans des rares cas, des compléments alimentaires ou des régimes nutritionnels payants pour garder la ligne ou perdre du poids tout simplement. Ainsi, l’article 34 du code dispose que «l’exercice de la médecine est incompatible avec n’importe quelle autre activité remettant en cause l’indépendance du médecin ou sa dignité.

Il est interdit pour un médecin de s’adonner à un autre métier, activité ou profession en dehors de la médecine dans le but d’augmenter ses gains, sur la base de ses conseils, ses ordonnances ou bien ses consultations d’ordre professionnel». Il faut préciser que le Conseil de gouvernement avait adopté en mai dernier un projet de décret relatif au Code de déontologie des médecins. Il s’agit du décret qui a été élaboré en collaboration avec l’Ordre national des médecins du Maroc dans le cadre de la mise en oeuvre de l’article 2 de la loi 08.12 relative audit Ordre. Ce texte comprend des dispositions visant à déterminer de manière générale les obligations des médecins, leurs relations avec les patients et les rapports entre médecins ainsi qu’entre les médecins et les autres professionnels de la santé. De même, ce décret tend à déterminer la relation du médecin avec l’Ordre national et ses organes ainsi que les règles déontologiques et professionnelles inhérentes à certaines formes d’exercice de la profession, notamment la médecine du travail, de contrôle et d’expertise. Il faut préciser que le gouvernement a pris plusieurs mesures destinées à accompagner les grands chantiers en cours visant notamment à atteindre une couverture médicale universelle dans les deux prochaines années.

Réhabilitation

Le ministère de la santé avait dévoilé, il y a quelques mois, un programme de réforme du système de santé vu que la couverture sanitaire de base couvrira à l’avenir 22 millions de bénéficiaires supplémentaires, ce qui augmentera la pression sur le système national de santé, tant public que privé. Cette nouvelle réforme, selon le ministre de tutelle, repose sur 4 piliers essentiels : la valorisation des ressources humaines, la réhabilitation de l’offre sanitaire en renforçant la dimension régionale, l’adoption d’une nouvelle gouvernance dans le système de santé et le développement du système informatique. Concernant la valorisation des ressources humaines, le ministre a indiqué que cet objectif sera atteint grâce à la révision de la loi n° 131-13 relative à l’exercice de la médecine pour lever les obstacles et restrictions qu’elle impose sur les médecins étrangers au Maroc. Il s’agit également de réviser la loi-cadre n° 34-09 relative au système de santé et à l’offre de soins.

Exercice de la médecine

Les députés avaient adopté le projet de loi n°33.21 modifiant et complétant la loi 131.13 relative à l’exercice de la médecine. Ce projet de loi vise à mettre en place un ensemble d’incitations pour attirer les médecins étrangers ou Marocains exerçant à l’étranger.
Pour permettre aux médecins étrangers d’exercer, à titre permanent, dans le secteur privé au Maroc, le texte de loi prévoit de nouvelles mesures incitatives, en se contentant de la condition d’inscription au tableau de l’Ordre national des médecins pour exercer la profession, ce qui permettra au médecin étranger d’avoir une carte d’inscription, et ce conformément aux dispositions légales relatives aux conditions d’entrée et de séjour des étrangers au Maroc. Ces mesures concernent également, selon ce projet de loi, l’augmentation de la durée de validité de la carte d’inscription (pas moins de 4 ans), pour assurer la stabilité du médecin étranger et la réalisation de son projet professionnel dans le Royaume.

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