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Plaidoyer contre le mariage des mineurs au Maroc

Les militantes appellent à l’abrogation des articles 20, 21 et 22 du Code de la famille

Des adolescentes représentantes du mouvement Bigger (Building a Greater Girls’ Rights Movement) ont entamé leur seconde campagne de plaidoyer pour mettre fin au mariage des mineurs au Maroc. Ce mouvement qui a été lancé au printemps 2022 est une coalition de 18 organisations dirigées par l’organisation d’adolescentes Project Soar. Parmi ces associations figurent Mobilising for Rights Associates, SimSim Participation Citoyenne, et bien d’autres. Les leaders du mouvement ont toutes été formées au plaidoyer et ont participé activement au processus d’élaboration des amendements juridiques proposés au Code de la famille.

Bien que l’article 19 du Code de la famille fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans, les articles 20, 21 et 22 prévoient des exceptions, «et bien que censée être exceptionnelle, l’autorisation du mariage des enfants est devenue la norme», déplorent les représentantes du mouvement. L’objectif de Bigger est d’abroger ces exceptions afin de sauvegarder et d’assurer un avenir radieux à toutes les adolescentes marocaines.

La délégation Bigger cherche à abolir et à modifier tous les articles du Code de la famille qui permettent au mariage des enfants de continuer à avoir lieu. Dans une enquête d’opinion publique sur le mariage des enfants menée par Project Soar, il ressort que 94% des personnes consultées sont favorables à l’élimination de toutes les exceptions au mariage avant l’âge de 18 ans. Une pétition lancée pour obtenir un soutien national et international en faveur de la suppression des échappatoires juridiques au mariage des enfants a déjà recueilli 1.266 signatures. «Le Code de la famille, dans sa forme actuelle, contient des failles permettant le mariage des enfants, mais ces dernières années l’exception est devenue la règle. 57% des mariages d’enfants sont autorisés le jour même de la demande, 88% sont autorisés sans consultation d’un travailleur social, et 91% sans expertise médicale. Rien ne permet de penser que les restrictions supplémentaires appliquées seront efficaces, mais plutôt qu’un temps précieux sera perdu pour les mettre en œuvre.

Par conséquent, dans cette initiative, nous demandons une solution claire et efficace pour éliminer le mariage des enfants, à savoir fixer l’âge minimum du mariage à 18 ans», affirme Saida Kouzzi, cofondatrice de MRA et membre de la coalition Bigger. Signalons que les jeunes militantes ont déjà rencontré le ministre de la justice, Abdellatif Ouahbi, et la ministre de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, Awatif Hayar, ainsi que des membres de plusieurs partis politiques, du Conseil national des droits de l’Homme du Maroc (CNDH) et Luis Mora, représentant de l’UNFPA Maroc.

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