Plus de 25% des hommes reconnaissent au conjoint le droit de battre son épouse

Plus de 25% des hommes reconnaissent  au conjoint le droit de battre son épouse

Une note du HCP souligne que plus de la moitié ignore l’existence de la loi 103-13

Plus de 25% des hommes au Maroc reconnaissent au conjoint le droit de battre, de violenter son épouse si elle sort sans son autorisation et 15% si elle néglige de s’occuper des enfants. Ils sont plus de 7% à approuver le fait que le conjoint a le droit de battre son épouse si elle refuse d’avoir une relation sexuelle avec lui, 6% si elle néglige les travaux ménagers et 6% si elle contredit ses opinions. C’est ce qui ressort de la note du Haut-Commissariat au Plan (HCP) sur la différenciation de la violence entre les femmes et les hommes et sa perception masculine. On apprend également que 40 % des hommes sont d’accord à ce que la partenaire endure la violence infligée par son conjoint pour conserver la stabilité de la famille. A noter que 15% d’entre eux sont catégoriquement d’accord et 25% en sont a priori d’accord. Cette perception est plus élevée parmi les hommes sans niveau scolaire (50% contre 22% de ceux ayant le niveau supérieur), les ruraux (48% contre 36% parmi les citadins) et les plus âgés de 60 à 74 ans (46% contre 37% parmi ceux âgés de 15 à 34 ans). En outre, 42% des hommes affirment de manière catégorique que la violence au sein du couple est une affaire privée que la partenaire ne doit en aucun cas divulguer, 28% en sont a priori d’accord, ce qui représente un total de 70% d’hommes. Par ailleurs, les hommes ont été interrogés sur leurs réactions en présence d’un homme qui bat sa femme. Ils sont plus de 36% à déclarer «ne rien faire» considérant cette situation comme une affaire privée des concernés. Cette proportion est encore plus élevée dans l’urbain (40%) et parmi les célibataires (41%).

La violence psychologique représente la forme la plus dominante

Le contexte conjugal est l’espace de vie le plus marqué par la violence aussi bien pour les femmes que pour les hommes. En effet, 53% de l’ensemble des violences subies par les femmes et 39% par les hommes sont perpétrées par le (la) partenaire intime. La violence psychologique représente de loin la forme la plus dominante. Elle représente 54% de l’ensemble des violences subies par les femmes et 73% de celles subies par les hommes. Globalement, les femmes sont plus nombreuses à subir la violence dans tous les espaces de vie et sous toutes ses formes. Par forme de violence, le HCP fait savoir que l’écart entre les taux de prévalence de la violence subie par les femmes et par les hommes est de 13 points de pourcentage pour la violence économique, 12 points pour la violence sexuelle, 10 points pour la violence psychologique et de 2 points pour la violence physique. Par espace de vie, cet écart est de 16 points dans le cadre conjugal, 11 points dans les établissements d’enseignement et de formation, 7 points dans le contexte familial et de 3 points dans les lieux publics. Dans le cadre professionnel, la différence entre les hommes et les femmes dans la prévalence n’est pas significative (un point de plus pour les hommes).

La violence sexuelle représente 21% des violences perpétrées à l’encontre des femmes dans le lieu de travail

Dans le cadre conjugal, la violence subie par les hommes se manifeste surtout sous sa forme psychologique (94%). En revanche, celle à l’encontre des femmes se répartit sous différentes formes; 69% psychologique, 12% économique, 11% physique et 8% sexuelle. Le HCP relève que la violence psychologique qui occupe la première position dans tous les espaces de vie représente, dans le contexte familial, près des trois quarts des violences subies, aussi bien par les femmes que par les hommes. La répartition des autres formes de violence est contrastée selon le sexe. En effet, pour les femmes, la deuxième position dans ce contexte concerne la violence économique avec 17% (contre 6% pour les hommes). Pour les hommes, cette position est attribuée à la violence physique avec 19% (contre 7% pour les femmes). La part de la violence sexuelle représente 21% des violences perpétrées à l’encontre des femmes dans les lieux du travail (contre 2% pour les hommes), 37% dans les établissements d’enseignement et de formation (contre 14% pour les hommes) et 42% dans les lieux publics (contre 8% pour les hommes).

57% des hommes ignorent l’existence de la loi 103-13

Selon le HCP, 57% des hommes ne sont pas au courant de l’existence de la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence à l’encontre des femmes. Cette proportion est plus élevée en milieu rural (69% contre 51% en milieu urbain) et parmi les hommes sans niveau scolaire (74% contre 30% parmi ceux ayant un niveau supérieur). 17% d’entre eux la considèrent comme suffisante pour garantir totalement la protection des femmes contre la violence, alors que 31% des hommes la jugent insuffisante. Cette proportion est plus importante chez les citadins (35%) et ceux ayant un niveau scolaire supérieur (41%).

33% des hommes n’acceptent pas que la femme contredise l’opinion de son partenaire

Concernant le partage des tâches domestiques entre les deux sexes, près de 9% des hommes affirment de manière catégorique que «la participation de l’homme aux tâches domestiques le rabaisserait et le dévaloriserait». Cette proportion est plus élevée parmi les hommes ruraux (12% contre 6% des citadins), les sans niveau scolaire (15% contre 5% pour ceux ayant un niveau supérieur) et les hommes âgés de 60 ans et plus (12% contre 8% pour ceux âgés de 15 à 24 ans). Plus de la moitié des hommes estiment que «le rôle le plus important de la femme est de s’occuper des affaires du ménage» ( 31% sont tout à fait d’accord et 23% sont a priori d’accord). Concernant le partage de l’autorité entre la femme et l’homme au sein du ménage, 15% des hommes désapprouvent de manière catégorique et 10% dans certaines mesures, le partage de l’autorité au sein du couple. Concernant l’expression des opinions entre partenaires, 33% des hommes n’acceptent pas que la femme contredise l’opinion de son partenaire même si elle n’en est pas convaincue.

 

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