Prise en charge des patients Covid-19 : Ce que recommandent les urgentistes et les réanimateurs

Prise en charge des patients Covid-19 : Ce que recommandent les urgentistes  et les réanimateurs

La Société marocaine de médecine d’urgence (SMMU) et la Société marocaine d’anesthésie, d’analgésie et de réanimation (SMAR) ont livré leurs recommandations concernant la prise en charge des patients suspects ou confirmés Covid-19 en unités d’hospitalisation y compris les unités de soins intensifs des urgences et la réanimation.

Les volets traités dans leurs recommandations portent sur les modalités de l’oxygénothérapie en fonction des moyens disponibles ; les modalités de prescription de l’acide acétylsalicylique ; le traitement anticoagulant ; la corticothérapie ; les traitements antiviraux ; l’antibiothérapie et Covid ; la place du plasma de convalescents ainsi que la sortie et le suivi ambulatoire. S’agissant de l’oxygénothérapie, celle-ci est indiquée «pour tout patient (suspect ou confirmé Covid-19) admis en hospitalisation et présentant (notamment) une désaturation à l’air libre», indiquent les experts. Ces derniers signalent que «les objectifs de l’oxygénothérapie pour les patients hospitalises en secteur Covid sont : 96% pour les sujets sans comorbidités respiratoires et 92% pour les bronchopneumopathes connus (BPCO)».

Les experts insistent sur le fait que l’urgentologue (pour les patients hospitalises aux urgences) ou le réanimateur doit être alerté devant toute désaturation associée à une polypnée. Ils estiment aussi que la décision d’intubation devrait être prise après évaluation du rapport bénéfice/risque pour le patient, des considérations éthiques et de la meilleure utilisation des ressources disponibles. Ainsi, l’intubation avec mise sous ventilation mécanique peut être envisagée dans les cas suivants : progression rapide de la détresse respiratoire avec signes de lutte, absence d’amélioration, aggravation de l’hypercapnie ou épuisement sous VNI (ventilation non invasive), instabilité hémodynamique et/ou troubles de conscience ou en cas d’installation de défaillance multiviscérale.

S’agissant du traitement anticoagulant, les médecins recommandent d’évaluer le risque hémorragique avant toute prescription» d’un traitement anticoagulant. Ils estiment qu’en dehors de certains cas, ce traitement est systématique et ce à dose préventive pour les formes légères et modérées et à dose curative en cas d’obésité, de cancer actif, d’antécédents d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse profonde, patients requérant une oxygénothérapie… S’agissant des traitements antiviraux, les experts estiment que compte tenu «de l’efficacité constatée et le rapport bénéfice/risque concernant l’association hydroxychloroquine-azithromycine, sa recommandation est toujours en vigueur pour les patients stables, peu symptomatiques traités à domicile ou symptomatiques hospitalisés ne requérant pas de débits élevés d’oxygène».

Toutefois, l’association de ces antiviraux est discutée pour les patients hospitalisés en unité de soins intensifs ou en réanimation nécessitant une assistance respiratoire. S’agissant de l’antibiothérapie, les médecins déconseillent une antibiothérapie systématique face à une pneumonie suspectée ou confirmée au Sars-CoV-2 . Pour ce qui est du plasma, les experts estiment «l’administration de plasma issu de patients immunisés contre le Sars-CoV-2 bénéfique pour les patients en situation de lymphopénie B». En dehors du cas cité, les experts de la SMMU et de la SMAAR ne recommandent pas l’utilisation du plasma de convalescents. Enfin, les médecins signalent qu’après la sortie, un confinement à domicile est nécessaire au minimum jusqu’à J10 du début des symptômes. Un masque facial doit être porté en permanence pendant toute la durée de l’isolement. Un arrêt de travail doit être prescrit jusqu’à J10 du début des symptômes en l’absence d’aggravation.

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