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Prison locale de Béni Mellal: Le café culturel, un espace de sensibilisation et de réinsertion

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En coordination avec le Laboratoire des recherches appliquées en littérature, langue, arts et représentations culturelles de la Faculté des lettres et des sciences humaines de Beni Mellal et dans le cadre des efforts visant la réhabilitation des détenus et leur réinsertion dans la société, la rencontre culturelle, organisée par le café culturel à la prison locale de Béni Mellal mercredi 8 avril 2026, constitue une initiative remarquable qui allie dimensions culturelle, éducative et humaine et qui œuvre à faire de la culture un levier de transformation positive au sein des établissements pénitentiaires.

Le café culturel se présente comme un espace ouvert d’échange et de dialogue, où sont organisées régulièrement des rencontres accueillant des écrivains, des intellectuels et des artistes. Ces invités échangent avec les détenus autour de thématiques littéraires, intellectuelles et artistiques. Par ailleurs, diverses activités sont proposées, notamment des lectures poétiques, des représentations théâtrales ainsi que des ateliers artistiques permettant aux détenus d’exprimer leurs talents et leurs capacités créatives.

Dans une déclaration à ALM, Amina Sibari, animatrice et coordinatrice du café culturel, a souligné que «l’idée a commencé il y a six ans, lorsqu’on m’a demandé d’organiser une activité dans la prison locale de Beni Mellal, qui consistait en une lecture de mon roman «Les Nuits de Tamarit»». «Par la suite, cela s’est développé et est devenu un enjeu culturel majeur pour moi, briser l’isolement culturel d’une catégorie qui ne peut pas communiquer avec l’extérieur. Ainsi, la rencontre avec les auteurs et les livres est une fenêtre ouverte sur la liberté, permettant de sortir des murs de la prison à travers les expressions artistiques, la lecture, les livres, les pièces de théâtre, et toutes les activités artistiques», a fait savoir Amina Sibari. Et d’ajouter au sujet du rôle de la lecture : «La lecture libère et aide les détenus à s’ouvrir sur un monde répondant à leurs besoins profonds. La lecture est un grand enjeu pour le développement personnel, une fenêtre sur le monde, et un moyen de se libérer. Et grâce à un travail culturel de concertation, nos efforts ont porté leurs fruits.

Le café a pu attirer des auteurs de différentes villes marocaines, ainsi que de la ville de Beni Mellal. À cette occasion, je remercie tous ceux qui contribuent en offrant leurs livres pour enrichir cette expérience et garantir sa pérennité. Les objectifs de cette activité sont toujours atteints, compte tenu du développement observé dans le café, au niveau de la lecture, de sa qualité, de l’analyse, de la critique, de l’accompagnement de cet événement et la bonne organisation et du soutien de M. le directeur de la prison et de son staff. Et je rends un vibrant hommage à la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) qui ne ménage aucun effort en vue d’améliorer les conditions de détention et contribuer à la réinsertion des détenus après leur libération…».

Concernant son roman «Douroub Casablanca», Aicha Alaoui Mrani a souligné que cet ouvrage traite de la ville de Casablanca et retrace indirectement les événements historiques qu’elle a connus, à travers le prisme des personnages du roman, en particulier des figures féminines. Il explore l’évolution de la conscience féminine et sociétale, tout en conservant une dimension de fiction narrative qui lui donne sa valeur créative. Il ne s’agit pas d’un simple rapport factuel, mais d’une œuvre romanesque où l’imaginaire et le récit occupent une place centrale. Et d’ajouter : « Je suis ravie d’être invitée à ce café culturel. L’objectif de cette présentation, notamment auprès des détenus, est d’encourager la lecture, car un livre est une fenêtre ouverte sur la vie. Au-delà des murs de la prison, la lecture apporte une énergie qui permet à l’esprit de s’ouvrir au monde et d’en comprendre la diversité. Pour moi, chaque livre est comme un navire qui transporte le lecteur vers des horizons lointains, rendus proches par les mots et l’écriture».

Le café culturel de la prison locale de Béni Mellal a ainsi connu une forte adhésion des détenus, qui participent activement aux différentes activités, ce qui témoigne du rôle fondamental que peut jouer la culture dans la reconstruction de la personnalité du détenu et dans sa préparation à une réintégration réussie dans la société.
Cette expérience démontre que les établissements pénitentiaires peuvent devenir de véritables espaces de réforme et de formation, et non de simples lieux de détention. Investir dans l’humain demeure, sans conteste, la voie la plus efficace pour construire une société équilibrée et inclusive.
Dès les premières interventions des détenus au sujet de l’œuvre précitée, les détenus ont fait preuve d’une maîtrise remarquable de la langue arabe, articulant des analyses fines et des critiques argumentées portant aussi bien sur le contenu que sur le style de l’ouvrage. À bien des égards, l’atmosphère qui régnait dans la salle évoquait celle d’un séminaire universitaire de haut niveau, où la rigueur intellectuelle se conjugue avec la liberté de ton.

En effet, cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large portée par les responsables de la prison locale de Béni Mellal, qui œuvrent à faire de cet espace un lieu ouvert sur son environnement extérieur. À travers l’organisation régulière d’activités culturelles et éducatives, l’administration pénitentiaire entend transformer la prison en un véritable centre d’apprentissage, favorisant l’épanouissement personnel et la préparation à la réinsertion. Le succès de ce café culturel illustre ainsi les fruits d’un engagement soutenu en faveur de la culture comme outil de réhabilitation. En donnant la parole aux détenus et en valorisant leurs capacités d’expression, ces initiatives contribuent à changer le regard porté sur le monde carcéral, tout en rappelant que l’accès au savoir demeure un droit fondamental et un vecteur essentiel de dignité humaine.

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