Société

Proche-Orient : Israël envisage la libération de prisonniers palestiniens

Israël envisage de libérer quelque 400 prisonniers palestiniens en signe de bonne volonté avant la réunion internationale sur le Proche-Orient prévue fin novembre à Annapolis, près de Washington, rapporte lundi le quotidien israélien Haaretz. Ces libérations ne devraient concerner que des détenus affiliés au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas non impliqués dans des attaques ayant causé mort d’homme, souligne le journal.
L’Autorité palestinienne, selon le journal, aurait demandé un geste plus significatif, soit la libération de 2.000 prisonniers, avant la réunion d’Annapolis. La semaine dernière, le numéro deux du cabinet israélien, Haïm Ramon, s’était prononcé en faveur de la libération par Israël d’«un contingent significatif» de prisonniers palestiniens avant la réunion d’Annapolis censée relancer le processus de paix israélo-palestinien au point mort depuis sept ans. «J’approuve le principe de la libération d’un contingent significatif de prisonniers palestiniens avant la réunion internationale, car c’est le meilleur moyen de renforcer le président Abbas», avait affirmé M. Ramon, vice-Premier ministre et proche du chef de gouvernement Ehud Olmert. Dans un geste de bonne volonté à l’égard de M. Abbas, Israël a déjà libéré environ 350 prisonniers, en juillet et en octobre, sur un total d’environ 11.000. Le 23 octobre, M. Olmert s’était déclaré «prêt à libérer dans l’avenir d’autres détenus du Fatah».
M. Olmert exigerait des Palestiniens, immédiatement après la reprise des négociations qui doit suivre la rencontre d’Annapolis, qu’ils reconnaissent Israël «comme un Etat juif», rapporte le journal. «Je n’ai aucune intention de céder sur ce point, ce sera la condition que nous poserons à la reconnaissance d’un Etat palestinien», a affirmé le Premier ministre dans des propos rapportés par le journal. M. Olmert s’est ainsi rallié sur cette question à la position de deux de ses principaux ministres, Tzipi Livni (Affaires étrangères) et Ehud Barak (Défense), selon le journal. Ces derniers en exigeant la reconnaissance d’Israël comme un Etat juif entendent verrouiller toute éventualité d’un retour de réfugiés palestiniens dans ses frontières.
MM. Abbas et Olmert ont chargé des équipes de négociateurs d’élaborer un document conjoint sur les contours d’un règlement pour le présenter à la réunion internationale voulue par les Etats-Unis et prévue fin novembre. Ce document doit aborder les questions clés du conflit: les frontières du futur Etat palestinien, le sort des réfugiés palestiniens, le statut des colonies juives et de Jérusalem.