Production de vaccins : Le Maroc, la Chine et l’UE

Production de vaccins :  Le Maroc, la Chine  et l’UE

Le Royaume veut devenir un producteur continental dans un projet nécessitant un montage financier particulier

Le Maroc ambitionne de devenir grand producteur de vaccin et ne s’en cache pas. L’épisode de l’épidimie de la Covid-19 et la course mondiale à la production de vaccin ont accéléré ce projet. Dans ce sens, il existe une véritable stratégie nationale pour atteindre cet objectif au cours de cette décennie. Si le Maroc produit déjà des vaccins notamment ceux prêts à l’emploi en seringue, l’objectif est de parvenir à une autosuffisance au niveau local et répondre à une demande croissante au niveau africain concernant certaines maladies. Ainsi, l’expérience technique marocaine devra faire appel à un transfert de technologie d’un côté mais également s’appuyer sur des sources de finances solides. C’est d’autant plus vrai qu’il existe déjà plusieurs pistes d’investissements. Le projet phare est celui de la création d’une plate-forme au niveau de la cité Tanger Tech qui entre dans le contexte de l’accord stratégique multifactoriel, politique et étatique du Maroc avec le laboratoire chinois Sinopharm prévoyant notamment un transfert de technologie.

Mais le Royaume veut ratisser large avec la transformation également de l’Institut Pasteur de Casablanca en une véritable plate-forme de production de vaccin de tout genre toujours bien évidemment pour répondre à la demande locale et satisfaire une partie des besoins en Afrique et au Maghreb. Tous ces projets nécessiteront bien évidemment des fonds importants et un montage financier particulier. L’Etat marocain a déjà trouvé la parade en partie en misant sur la carte du partenariat public-privé. L’implication d’acteur privé en bio-technologie ainsi que des institutions financières locales va répondre en partie au besoin de financement. Une autre partie devra nécessairement provenir de sources étrangères. L’implication du partenaire chinois toujours dans le cadre de l’accord stratégique multifactoriel, politique et étatique avec le Royaume sera nécessaire. Mais un autre acteur, et non des moindres est en train d’entrer en jeu. Il s’agit de l’Union européenne. Les 27 se disent ainsi prêts à participer au financement de la production de vaccins au Maroc.

Si l’UE estime que le temps est venu pour que l’Afrique se dote d’une capacité endogène de production de vaccins, il s’agit de prévoir une infrastructure qui transcende les besoins apparus avec la pandémie du Coronavirus pour répondre à la demande en vaccin contre d’autres maladies virales qui sévissent dans de larges parties du continent. Il reste à savoir cependant si d’autres acteurs institutionnels vont s’inviter au débat notamment l’Union africaine en raison de la dimension panafricaine du projet. Concrètement, l’instrument financier qui pourrait être mobilisé par les Européens existe déjà. Il s’agit en l’occurrence du Fonds européen pour le développement durable plus (EFSD+).

Une chose est sûre en tout cas. Le Maroc est décidé à passer à la vitesse supérieure dans ce projet avec des objectifs tracés à moyen terme pour le démarrage de la production. Affaire à suivre.

Recherche biomédicale

Le Maroc entend renforcer les travaux dans le domaine de la recherche biomédicale. Dans ce sens, l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), l’Institut Pasteur du Maroc (IPM) et la Fondation OCP (FOCP) viennent de lancer il y a quelques semaines de nouvelles initiatives. Les trois partenaires allient ainsi leurs efforts dans le but d’accélérer la mise en œuvre de plusieurs actions prioritaires, dans un contexte national et mondial encore impacté par la pandémie de la Covid-9, indique un communiqué de l’UM6P. La première initiative porte sur la mise en place d’un centre de virologie médicale pour germes hautement pathogènes au sein de l’IPM qui aura pour but la détection, l’alerte relative à la survenue de tout phénomène anormal lié à la circulation des virus émergents, la veille virologique et le développement de nouvelles techniques de diagnostic des germes hautement pathogènes.

Vers un laboratoire de sécurité P3

Les trois partenaires, à savoir l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), l’Institut Pasteur du Maroc (IPM) et la Fondation OCP (FOCP), veulent créer un laboratoire de biosécurité niveau 3 de recherche et de développement autour de la virologie qui verra le jour à l’UM6P. Cette plate-forme renforcera la capacité nationale et sera ouverte aux chercheurs spécialisés en germes hautement pathogènes. De même, un appel à projets soutenu par un Fonds dédié a été lancé pour le développement de la Recherche & Développement en rapport avec les germes émergents et hautement pathogènes, en particulier le SARS COV2. Il faut préciser qu’un laboratoire P3 est un laboratoire confiné dans lequel sont analysés des agents pathogènes de classe 3 notamment des micro-organismes qui peuvent provoquer une maladie grave chez l’homme mais pour lesquels il existe une prophylaxie ou un traitement efficace (ex : tuberculose, dengue, certains virus de fièvre…)

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