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Protection des droits des femmes : Le plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité passé au crible par Policy Center

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L’extension du PAN en cours ouvre une fenêtre d’opportunité pour préparer les fondations du second Plan. 

Analyse : Le Policy Center for the New South propose une analyse approfondie des avancées et des obstacles structurels persistants du plan d’action national 1.325 du Maroc et formule des recommandations opérationnelles pour le second cycle du Plan d’action national (PAN) sur l’agenda femmes, paix et sécurité.

Policy Center for the New South a dévoilé récemment une étude intitulée « De l’engagement à l’impact : le Plan d’action national 1325 du Maroc à l’épreuve de la mise en œuvre ». Trois ans après l’adoption du premier Plan d’action national (PAN) sur l’agenda femmes, paix et sécurité (FPS), le Maroc affiche des avancées institutionnelles réelles mais une mise en œuvre encore insuffisante. Rappelons que le premier Plan d’action national marocain sur femmes, Paix et Sécurité, qui a été lancé officiellement, en 2022, s’inscrit dans la continuité de l’engagement du Royaume du Maroc en faveur de la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, érigeant l’approche genre en axe central de la stratégie nationale et de la politique internationale du Royaume. Ce Policy Brief diagnostique les obstacles structurels persistants et formule des recommandations opérationnelles pour le second cycle du PAN. Parmi les évolutions institutionnelles notables enregistrées depuis mars 2022, date de l’adoption par le Maroc de son premier Plan d’action national, des évolutions institutionnelles notables ont été enregistrées parmi lesquelles figure l’augmentation progressive de la représentation féminine au sein des Forces Armées Royales, en cohérence avec la stratégie de parité onusienne 2018-2028; l’engagement du Maroc dans le Groupe des Amis sur les défis croisés du changement climatique et de l’Agenda FPS au sein de l’Union africaine (UA) ; le renforcement du réseau marocain de femmes médiatrices, désormais articulé aux réseaux méditerranéen, africain et arabe ; et le déploiement du programme « Moussalaha». Malgré ces avancées, ce Policy Brief identifie 4 obstacles majeurs : un taux d’activité féminine de 19,1% en quasi-stagnation, une représentation des femmes inférieure à 3% dans les contingents de maintien de la paix, des dispositifs de déradicalisation insuffisamment adaptés aux parcours féminins. A ce titre, l’auteure, Nouzha Chekrouni, signale que le programme «Moussalaha» constitue une première réponse positive. Il demeure toutefois insuffisant au regard de l’ampleur du défi. Une approche genrée systématique suppose de reconnaître la pluralité des rôles occupés par les femmes dans ces dynamiques . L’autre obstacle majeur a trait à l’absence des dimensions changement climatique, migration et numérique dans le cadre stratégique du PAN.

Un second Plan d’action national plus opérationnel

Selon l’auteure, l’extension du PAN en cours ouvre une fenêtre d’opportunité pour préparer les fondations du second Plan d’action national. Cette nouvelle étape doit être l’occasion de refonder la gouvernance de l’Agenda FPS autour de trois principes directeurs : redevabilité, coordination interministérielle et financement pérenne. Ainsi, le comité de pilotage doit être doté de ressources humaines et financières adéquates, d’un mandat renforcé en matière de suivi-évaluation, et d’un mécanisme structuré de consultation avec la société civile. Ce Policy Brief indique que l’intégration d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs désagrégés par sexe, par région et par contexte permettrait de dépasser la logique déclarative pour entrer dans une logique de résultats mesurables. Par ailleurs, la durabilité des avancées institutionnelles est conditionnée par la transformation des représentations relatives à l’égalité hommes-femmes dans la société. L’intégration du concept de masculinités positives dans les curricula de l’éducation nationale -visant à construire une culture de l’égalité et du partenariat dès le plus jeune âge- constitue un investissement de long terme », indique l’analyse.
Par ailleurs, la société civile a joué un rôle structurant dans l’élaboration du premier PAN. Son engagement dans le second cycle doit être non seulement maintenu mais institutionnalisé selon un modèle de gouvernance participative. Ainsi, une participation structurée de la société civile -garantissant un accès régulier aux instances décisionnelles et une capacité de suivi indépendant de la mise en œuvre – est une condition essentielle d’un PAN crédible et effectif. Selon l’auteure, le gouvernement doit adopter un second PAN assorti d’indicateurs de performance désagrégés par sexe, d’un budget dédié et d’un mécanisme annuel de redevabilité impliquant le Parlement et la société civile. Il est aussi recommandé de porter la participation des femmes militaires marocaines dans les missions onusiennes de maintien de la paix à 10 % d’ici 2028, en lien avec la stratégie du Secrétaire général des Nations Unies. Il est aussi primordial d’institutionnaliser la participation de la société civile dans le cycle de suivi-évaluation du PAN, via un mécanisme consultatif formel, régulier et doté de ressources propres.