Psychotropes : L’ordonnance sécurisée bientôt au Maroc

Psychotropes : L’ordonnance sécurisée bientôt au Maroc

Le président du CNOP a saisi le ministre de la santé sur la vente des dispositifs médicaux et des compléments alimentaires hors du circuit légal

La délivrance et la prescription des psychotropes au Maroc seront bientôt soumises à des règles plus strictes avec la mise en place de l’ordonnance sécurisée qui est infalsifiable. Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens (CNOP), Hamza Guedira, nous a confié avoir reçu, lundi 24 mai un projet de circulaire de la part du ministère de la santé où il devra donner son avis sur cette nouvelle mesure. «Sa mise en place devrait se faire très rapidement», indique le président du CNOP. Avec l’entrée en vigueur très prochainement de cette nouvelle mesure, aucune prescription des médicaments psychotropes ne sera autorisée avec une ordonnance ordinaire. Signalons qu’en France par exemple, l’ordonnance sécurisée est en papier filigrané blanc avec coordonnées du prescripteur, n° d’identification par lot d’ordonnance, carré préimprimé avec précision du nombre de médicaments prescrits. Il est à rappeler que les médicaments psychotropes sont prescrits par le médecin pour traiter l’anxiété, l’insomnie, la dépression, les psychoses, les troubles de l’humeur. Cette catégorie ne peut être délivrée que sur ordonnance. L’usage des psychotropes est réservé aux seules fins médicales afin d’éviter tout abus ou détournement vers le trafic illicite.

«Les dispositifs médicaux stériles relèvent du monopole pharmaceutique»

Au Maroc, les dispositifs médicaux et les compléments alimentaires continuent d’être vendus hors du circuit légal. Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens a adressé récemment une lettre au ministre de la santé pour stopper ces dépassements qui durent depuis plusieurs années. Le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Hamza Guedira, rappelle que selon la loi 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie, les dispositifs médicaux stériles relèvent du monopole pharmaceutique. Et par conséquent, ils doivent être vendus uniquement dans le circuit pharmaceutique. La Commission nationale de la pharmacopée avait d’ailleurs adopté une liste de 2.000 dispositifs médicaux stériles qui doivent être dispensés exclusivement en pharmacie. «Ces dispositifs sont vendus dans des conditions qui ne respectent pas la stérilisation», déplore le président du CNOP. En vertu de l’article 5 de la loi 84-12, les dispositifs médicaux doivent présenter un niveau élevé de sécurité d’utilisation pour le patient et les professionnels et répondre aux exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité fixées par voie réglementaire.

Or, la réalité est tout autre. Ces dispositifs médicaux dont la pharmacopée de référence a été adoptée sont vendus n’importe comment et par n’importe qui, ce qui met en danger la santé des citoyens. Par ailleurs, M. Guedira souligne que la CNOPS et la CNSS doivent cesser de rembourser les dispositifs médicaux qui sont vendus en dehors des officines. S’agissant des compléments alimentaires, le président du CNOP dénonce l’anarchie dans la distribution des compléments alimentaires au Maroc, qui sont vendus partout notamment dans les grandes surfaces.

Selon ce dernier, la qualité incertaine, la traçabilité non maîtrisée et les conditions de vente et de stockage des compléments alimentaires présentent un réel danger pour la santé des usagers. Un vide juridique persiste toujours en la matière. D’où l’importance aujourd’hui de régulariser la vente de ces produits. «J’ai sollicité le ministre de la santé pour actualiser un projet de texte qui était en cours d’élaboration portant réglementation des compléments alimentaires».
Cette nouvelle loi permettra ainsi de réglementer la vente de ces produits tout en définissant leur statut. Ainsi, les pharmaciens estiment que les compléments alimentaires doivent être vendus uniquement dans les officines, ce qui permettra de contrôler leur provenance sachant que bon nombre de ces produits proviennent de la contrebande.

 

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