Rémunération très faible et protection sociale limitée des travailleurs domestiques

Rémunération très faible et protection sociale limitée des travailleurs domestiques

Seulement 4.523 ont été déclarés à la CNSS à fin août 2021

L’emploi domestique au Maroc exercé en grande majorité par des femmes est caractérisé par une faible rémunération, le non-respect de la législation du travail et une protection sociale limitée. C’est le constat global qui ressort d’une étude sur l’emploi domestique au Maroc qui a été présentée, mardi à Casablanca. Cette étude réalisée par la Confédération démocratique du travail (CDT) et le Centre d’études et de recherches en sciences sociales (CERSS) a été menée auprès d’un échantillon aléatoire composé de près de 540 travailleuses et travailleurs domestiques, employeurs et autres personnes ressources, ciblant les villes de Casablanca, Rabat et Tanger.

Cette nouvelle étude révèle une disparition progressive du travail des mineurs dans la mesure où les travailleurs interrogés lors de cette enquête sont âgés entre 30 et 50 ans. Le coordinateur du projet, Abderrahman Mouline, a signalé l’apparition de travailleurs d’un niveau d’études assez avancé pouvant atteindre le niveau universitaire. Cette catégorie de travailleurs se consacre davantage à la prise en charge des personnes âgées, des personnes à besoins spécifiques ou des enfants. Il est aussi important de relever l’émergence de travailleurs étrangers provenant particulièrement d’Asie. Côté chiffres, le Maroc ne dispose pas de données précises sur les travailleurs domestiques.

Certains chiffres officiels font état de 200.000 travailleurs domestiques dont 90% seraient des femmes. Par ailleurs, les auteurs de l’étude ont fait remarquer que 3 ans après l’entrée en vigueur de la loi 19-12, seulement 4.523 travailleuses et travailleurs domestiques ont été effectivement déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à fin août 2021. La population concernée par cette loi est loin d’être informée. Pour promouvoir un travail décent pour ces travailleurs, l’étude soutient l’idée d’une action commune et intégrée impliquant le pouvoir exécutif (ministère de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, le ministère de la santé et de la protection sociale, le ministère des finances, le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, le ministère de la jeunesse, de la culture et de la communication), le pouvoir législatif pour la refonte de la loi (les deux Chambres), le pouvoir judiciaire (ministère public) ainsi que les syndicats des travailleurs et des employeurs et des associations. L’action intégrée devant être envisagée en vue d’un programme de protection et d’amélioration des conditions de l’emploi domestique peut s’articuler à court terme autour de l’application de la loi 19-12 et ce malgré ses insuffisances, et à moyen terme de son amélioration et sa refonte en passant par un plaidoyer pour l’adhésion du Maroc à la convention n° 189 sur les travailleurs domestiques adoptée en 2011 par l’Organisation internationale du travail ( OIT).

Enfin, l’organisation syndicale des travailleurs domestiques est nécessaire. Elle permettra de donner la voix à ces travailleurs invisibles à travers la création de sections syndicales locales et par la suite d’un syndicat national. Ce qui commence à se faire effectivement au niveau de la Confédération démocratique du travail (CDT).

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