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Résistance aux antimicrobiens: L’OMS et la FAO au Maroc lancent des actions de sensibilisation

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Initiative
Du 18 au 24 novembre, des actions de sensibilisation et de plaidoyer sont organisées ciblant le grand public, les professionnels de la santé humaine et animale et les étudiants en médecine et médecine vétérinaire.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Maroc organisent une série d’activités afin de sensibiliser le plus grand nombre de personnes à l’importance de la lutte contre le phénomène de la résistance aux antimicrobiens (RAM). Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre de la semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, se tient du 18 au 24 novembre 2025 sous le thème «Agissons maintenant pour protéger notre présent et sécuriser notre avenir». Dans ce sens, des actions de sensibilisation et de plaidoyer seront organisées ciblant le grand public, les professionnels de la santé humaine et animale, et les étudiants en médecine et médecine vétérinaire. Comme l’expliquent les deux organisations dans un communiqué, ces actions ont pour objectif de souligner l’importance et l’urgence d’agir de manière concertée pour faire face à la résistance aux antimicrobiens.

Celle-ci s’impose comme l’une des menaces globales les plus graves pour la santé mondiale, la sécurité alimentaire et l’environnement. Elle survient lorsque des bactéries, des champignons et des parasites ne répondent plus aux antimicrobiens. «En raison de cette résistance, les antibiotiques et autres agents antimicrobiens deviennent inefficaces, ce qui augmente le risque de propagation de maladies graves et de décès», précise la même source notant que dans la région de la Méditerranée orientale, les chiffres sont alarmants. «Les dernières données du Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de l’utilisation des antimicrobiens (GLASS) de l’OMS révèlent qu’en 2023, près d’une infection bactérienne sur trois dans la région était résistante aux antibiotiques, l’un des taux les plus élevés au monde», rapporte la même source.

Une campagne à grande échelle
La Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens est une campagne regroupant plusieurs organisations, à savoir l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Elle vise à sensibiliser et à améliorer la compréhension de la résistance aux antimicrobiens et à encourager la prise d’initiatives à l’échelle mondiale en mettant en avant l’approche «Une seule santé» intégrant la santé humaine, animale, végétale et environnementale, selon le même communiqué notant que la thématique choisie pour cette année souligne l’urgence d’une action audacieuse et concertée pour lutter contre ce phénomène et appelle à transformer les engagements en interventions concrètes qui sauvent des vies comme améliorer la surveillance de la résistance, promouvoir l’utilisation prudente et responsable des antimicrobiens, investir pour garantir un accès équitable aux médicaments, aux diagnostics et aux vaccins de qualité et mettre en œuvre des mesures efficaces de biosécurité, de prévention et de contrôle des infections dans les domaines de la santé humaine, animale et environnementale.

Recommandations à suivre
Urgence  Professionnels de santé, responsables hospitaliers, agriculteurs, industriels ou des individus … Chaque action compte. Ainsi, l’OMS et la FAO appellent les professionnels de santé humaine et animale à prescrire les antimicrobiens de manière responsable et à sensibiliser les patients à leur bon usage. Les deux organisations appellent aussi les décideurs à financer les programmes liés à la résistance aux antimicrobiens, à appliquer les réglementations limitant les abus et à soutenir l’innovation. Elles recommandent aux agriculteurs-éleveurs d’adopter des pratiques de biosécurité, de prévention et d’utilisation raisonnée des antimicrobiens et appellent les industriels à préserver l’environnement en souscrivant au traitement des eaux usées. Enfin, la FAO et l’OMS recommandent les individus à adopter une bonne hygiène, en ne prenant les antimicrobiens que sur prescription médicale et en maintenant leurs vaccinations à jours.

Un phénomène qui pourrait coûter la vie à 39 millions de personnes d’ici 2050
Santé publique  L’OMS classe la résistance aux antimicrobiens parmi les 10 principales menaces pour la santé publique mondiale. Selon l’Organisation, ce phénomène a causé 1,14 million de décès dans le monde en 2021 et a été associé à près de cinq millions de décès. La résistance aux antimicrobiens pourrait coûter la vie à 39 millions de personnes d’ici à 2050. «La résistance aux antimicrobiens se produit lorsque des micro-organismes, tels que des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites évoluent dans le temps et ne réagissent plus aux médicaments existants. Les micro-organismes sont présents chez l’homme, chez les animaux, dans les plantes, dans les aliments et dans l’environnement (dans l’eau, le sol et l’air). Ils peuvent se transmettre d’une personne à l’autre ou entre les personnes et les animaux», explique l’OMS. Par ailleurs, la résistance apparaît naturellement mais le problème est aggravé par l’usage inapproprié des médicaments antimicrobiens. Lorsque ces médicaments sont utilisés de manière inadaptée, les micro-organismes peuvent développer une résistance aux antimicrobiens, rendant les infections plus difficiles à traiter. «Ceci peut entraîner une maladie grave, un handicap et même la mort. Les patients atteints d’infections pharmacorésistantes ont souvent besoin de soins plus complexes, ce qui augmente également les coûts des soins de santé», souligne la même source.