Société

Ronflement : petits conflits et maladies

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Ces complications peuvent être sociales, cardiovasculaires, neurologiques, psychologiques et psychiatriques, hématologiques ou rénales. Aujourd’hui, le ronflement peut bénéficier de méthodes thérapeutiques efficaces oscillant entre des appareils mécaniques, la chirurgie et les solutions médicamenteuses. L’arrêt respiratoire, dit apnée du sommeil, est tout arrêt du flux aérien naso-buccal d’une durée d’au moins 10 secondes. Il peut être en rapport avec une obstruction des voies respiratoires ou lié à une défaillance de la commande de la respiration par le cerveau. Ces arrêts respiratoires interrompant les ronflements, inquiètent le conjoint, qui pense que le ronfleur est en train de s’étouffer ou de s’asphyxier. La répétition de ces épisodes d’arrêts respiratoires entraîne une mauvaise oxygénation du cerveau. Afin de pallier au manque d’air, le ronfleur reste en sommeil léger, ne récupérant pas suffisamment provoquant ainsi une somnolence durant la journée et donc un mauvais rendement au travail. Et le degré d’assoupissement peut aujourd’hui être bien évalué scientifiquement grâce à l’échelle de somnolence d’Epworth. Médicalement, on parle du syndrome d’apnées du sommeil (SAS) quand le nombre des arrêts respiratoires sur une heure de sommeil est supérieur à 5. D’une manière générale, le ronflement touche 1 homme sur 4 de tout âge, mais à partir de 60 ans, 50% des hommes sont concernés par cette pathologie du sommeil. Par ailleurs les obèses ont une grande tendance au ronflement par rapport aux personnes de poids normal. Les troubles de la mémoire et de l’attention, la baisse de l’efficience intellectuelle et surtout l’irritabilité, sont les principaux maux dont souffre un ronfleur. Car il ne dort pas bien, son sommeil n’est pas réparateur du fait d’une absence quasi totale du sommeil paradoxal. Plusieurs études scientifiques démontrent que les patients ronfleurs qui sont victimes d’arrêt respiratoire pendant leur sommeil ont des difficultés à se concentrer et à apprendre de nouvelles tâches. Ces troubles ont des conséquences majeures engendrant des difficultés socioprofessionnelles, des conflits conjugaux, des troubles sexuels allant de la baisse de la libido à l’impuissance totale. Autres malades présentent des signes comme un sommeil agité, des grognements et parfois des fuites urinaires, qui sont souvent inconscients et incrédules durant le témoignage de leur partenaire, ce qui explique le retard diagnostique. Ainsi, la prise de conscience de la partenaire du mal dont souffre son conjoint est une étape importante pour un suivi médical et thérapeutique efficient. Il est important d’insister sur le fait que certains facteurs aggravent les risques et l’ampleur du ronflement. Le tabac, l’alcool, l’excès de poids, certains médicaments de type hypnotique, certaines malformations anatomiques ou maladies respiratoires qui sont autant de facteurs aggravants d’un ronflement. Autres conséquences majeures du ronflement et des arrêts respiratoires pendant le sommeil sont liées à la chute du taux d’oxygène sanguin. Cela contribue à engendrer une hypertension artérielle, des troubles du rythme du coeur, voire des arrêts cardiaques, bref une augmentation des risques cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux. La conjonction d’efforts entre un spécialiste oto-rhino-laryngologiste et un pneumologue permet de situer l’obstruction responsable de l’arrêt respiratoire et surtout grâce à l’étude du sommeil, arriver à déterminer le degré de gravité du « syndrome d’apnée du sommeil » et le type de traitement à proposer. Le rôle du médecin pneumologue et de l’ORL est capital, il permet de mesurer le manque d’oxygéné dont soufre le patient ronfleur aussi bien de jour que de nuit et surtout de pouvoir assurer un enregistrement du sommeil. Le traitement du ronflement, avec ou sans apnée du sommeil, s’articule autour de la correction des facteurs prédisposants, notamment le surpoids, le tabagisme et l’abus de somnifères. Les méthodes thérapeutiques du ronflement peuvent faire appel à des appareillages mécaniques, à la chirurgie ou à des solutions médicamenteuses. Cette dernière option est une alternative thérapeutique, sous forme de solution nasale administrée par pulvérisation dans chaque narine. L’action se fait au niveau de la paroi nasale et dans toute la sphère de l’oreille, du nez et des voies respiratoires impliquées dans le ronflement. Enfin, une étude a montré que 53% des malades de sexe masculin qui ont présenté un accident vasculaire cérébral, sont aussi des ronfleurs chroniques, et que 35% d’entre eux ont fait leur accident vasculaire cérébral pendant le sommeil. Pratiquement, tous les ronfleurs sont persuadés que leur conjoint, dont les doléances les ont finalement conduits à consulter, exagère dans ses plaintes. De cette ignorance naît l’incompréhension mutuelle qui oppose très vite le couple et risque de le détruire à long terme.

• Par Dr Anwar Cherkaoui

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