Société

Saâdia Serghini : «On ne peut pas compter seulement sur les bénévoles»

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ALM : Quel bilan faites-vous des centres d’écoute six ans après leur création ?
Saâdia Serghini : En fait, actuellement, non seulement l’Association nationale de l’aide à l’élève en difficulté continue d’assurer l’écoute des élèves, mais elle dispense désormais des formations au profit des enseignants pour qu’ils puissent créer des centres d’écoute. Nous avons assuré la formation de près de 2000 enseignants rien qu’au niveau de l’Académie de Casablanca. Il s’agit d’une expérience extraordinaire. Nos efforts ont pu sauver plusieurs élèves qui se trouvaient en situation de difficulté. Plusieurs élèves ont vu leur parcours scolaire sauver et ont pu obtenir des diplômes supérieurs, chose qui a changé catégoriquement le cours de leurs vies. Nous assurons également, désormais, le suivi de ces centres, en écoutant les écoutants encombrés. Aussi, nous constatons récemment une forte implication des parents d’élèves dans cette opération.

Quelle est la mission de ces centres d’écoute?
Il s’agit d’un travail très sensible. Le centre d’écoute est un espace qui permet à l’élève de s’exprimer librement devant une personne neutre. Une personne professionnelle qui ne le culpabilise pas et ne le juge pas. L’écoutant n’est nullement en mesure de penser du mal de l’élève en difficulté. Il doit être capable de retenir ses préjugés et d’être tolérant, car notre principale mission est de lutter contre l’abandon scolaire. Les principales problématiques soulevées par les élèves concernent essentiellement la communication au sein de la famille, la consommation de drogue ou les problèmes scolaires.

Quelles sont les difficultés qui entravent la généralisation de cette initiative?
Le problème c’est qu’il n’existe pas de soutien financier de la part de l’Etat. C’est la faute aux autorités compétentes et à nous aussi. Le travail de terrain ne peut jamais continuer avec les bénévoles. On ne peut pas compter seulement sur les bénévoles. Le problème aussi c’est que les décideurs font très rarement appel à nous pour prendre connaissance de notre point de vue à propos de la réforme du système scolaire et la lutte contre la déperdition scolaire, alors que nous sommes entièrement impliqués dans cette lutte.

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