Société

Sahara marocain : la Koutla se concerte

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C’est sur la question du Sahara que les trois partis de la Koutla démocratique, participant au gouvernement, tiennent un séminaire le jeudi 8 janvier, à l’occasion de la commémoration du 12ème anniversaire de la disparition de feu Abderrahim Bouabid, l’une des figures historiques de la gauche marocaine. Invités par la Fondation portant le nom de ce dernier, les dirigeants du PPS, de l’Istiqlal et de l’USFP sont appelés à débattre du rapport entre les données constantes liées à la question du Sahara, et les changements intervenus sur le plan international, lesquels changements ont un impact sur l’évolution de cette affaire. L’absence de la formation de Mohamed Bensaïd Aït Idder revêt à cet effet une signification non négligeable. Car, à la différence de l’OADP ( Organisation de l’action démocratise populaire), le parti de la Gauche socialiste unifiée (GSU), contient en son sein des sensibilités politiques, qui ont connu un cheminement différent de celui des autres partis de la Koutla. Certains de ses éléments avaient fait une traversée allant, des fois, à l’encontre du parachèvement de l’intégrité territoriale du Maroc. Aussi, sur le plan formel, la Fondation est une institution autonome qui n’est pas tenue de suivre la politique de la Koutla. Cela dit, pour les autres formations, force est de rappeler qu’en dépit de leur unité, en termes de stratégie nationale, chaque partie disposait d’une vision particulière sur la question du Sahara. L’Istiqlal, en tant que parti qui se dit incarnant les aspirations de l’ensemble de la Nation marocaine, avait toujours adopté des positions allant dans le sens de l’application de la thèse officielle sur le plan diplomatique, souvent avec une fibre ultra-nationaliste, comme ce fut le cas dans le dossier de la Mauritanie. Dans les années soixante, l’Istiqlal considérait, en effet, ce pays comme faisant partie des territoires marocains, lesquels s’étendaient selon feu Allal El Fassi, jusqu’au fleuve du Sénégal. L’USFP avait en revanche une position différente. En 1975, ce parti avait lié sa lutte pour la libération à la revendication démocratique, à la participation aux élections et à l’ouverture politique. En 1981, alors que le ministère des Affaires étrangères était entre les mains de M’hammed Boucetta, secrétaire général, à l’époque du Parti de l’Istiqlal, Abderrahim Bouabid est allé jusqu’à annoncer, à l’occasion du Sommet de l’OUA ( Organisation de l’Unité africaine), à Nairobi, des réserves vis-à-vis du référendum au Sahara. Sachant que pendant ce temps, le Parti du progrès et du socialisme jouait un rôle de médiation vis-à-vis du bloc de l’Est qui était favorable à la thèse algérienne hostile au Maroc. Bien entendu, tout cela relève du passé. Aujourd’hui, à la lumière des nouvelles donnes qui caractérisent la scène internationale, notamment suite à la chute du Mur de Berlin et la reconfiguration progressive de la géopolitique mondiale, il est évident que la question du Sahara doit être revue selon une nouvelle perspective. Toutes les concessions présentées par le Maroc n’ont pas apporté une solution juste et définitive à cette question. Aussi, le bon sens veut qu’il y ait une nouvelle dynamique qui puisse libérer les potentialités de la région, mais pour ce faire, encore faut-il répondre à certaines questions de fond, notamment : comment résoudre l’équation de la solution politique, sachant que l’Algérie, qui appartient au cercle des parties concernées, continue toujours de présenter les séparatistes du polisario comme interlocuteur unique du Maroc ? Faut-il revenir aux plans de James Baker, ou présenter une nouvelle formule qui pourrait faire des régions sahariennes une zone de libre-échange entre les peuples de la région maghrébine ? Et qu’en sera –t-il dans ce cas de la souveraineté du Maroc et des limites de la gestion autonome des populations de cette région ? Autant d’interrogations qui incitent à la réflexion et qui exigent surtout de faire sortir la question du Sahara du blocage dans lequel elle se trouve actuellement. Sachant que la Communauté internationale ne pourra jamais trancher totalement et définitivement en faveur du Maroc ou de l’Algérie.

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