Said Sekkat : Nous n avons toujours pas reçu la subvention de l Etat au titre de l exercice 2012

Said Sekkat : Nous n avons toujours pas reçu la subvention de l Etat au titre de l exercice 2012

ALM : La plupart des orphelinats au Maroc sont aujourd’hui confrontés à des problèmes budgétaires marqués par une réduction des subventions étatiques. Qu’en est-il de l’orphelinat de Sidi Bernoussi ?

Said Sekkat : Nous faisons face à des problèmes financiers importants. Cette situation  résulte d’une baisse de l’aide publique. La subvention de l’Etat, à savoir la  surtaxe d’abattage, a progressivement diminué. Celle-ci est  passée de 2 millions DH par an à 500.000 DH en 2010. Nous sommes en juin 2013 et nous n’avons toujours pas reçu la surtaxe d’abattage, à savoir 500.000 DH au titre de l’exercice 2012.  Et pourtant, l’Etat devrait participer à hauteur de la moitié du budget de fonctionnement de l’orphelinat, soit entre 3 et 3,5 millions de dirhams. Ce désengagement de l’Etat nous révolte. Nous avons contacté à maintes reprises  le chef de gouvernement et les autorités concernées en leur faisant part de nos difficultés. En vain. A ce jour, nous n’avons eu aucune réponse.  

 

En dehors de la surtaxe d’abattage, d’où proviennent vos ressources financières? 

Le financement de l’orphelinat provient essentiellement des dons mais aussi  des loyers des biens de l’Association, d’une subvention de la mairie et d’une contribution de l’Entraide nationale. L’orphelinat a un budget de fonctionnement de 6 millions DH pour lequel elle ne peut financer que 3,5 millions DH grâce aux dons et aux revenus locatifs. Pour subvenir aux besoins du Centre Dar Al Atfal, nous organisons plusieurs  événements. Et pour exemple, à l’occasion de la fête de la musique, nous avons organisé, mercredi 19 juin,  un concert avec l’Orchestre Philharmonique du Maroc au cinéma Rialto. Les bénéfices de ce concert seront  intégralement  versés au profit des enfants de l’orphelinat.

Grâce à la participation d’entreprises telles que la Société Générale, la Centrale Laitière et   la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers), l’Association a pu recueillir environ 250.000 DH. L’aide des donateurs est primordiale pour le fonctionnement de l’orphelinat. Mais force est de constater que les dons diminuent avec la crise économique. Si les dons baissent, nous n’aurons pas de matelas de sécurité. C’est pourquoi l’Etat doit nous assurer des ressources pérennes. 

 

Comment s’effectue la prise en charge des enfants ? 

 Les  enfants abandonnés  qui arrivent au sein de l’orphelinat proviennent de l’établissement Lalla Hasna. Agés de 5 à 6 ans, les garçons sont pris en charge jusqu’à ce que leur intégration sociale soit bien effectuée. Je tiens à signaler que grâce à  la signature d’une convention tripartite entre l’orphelinat, la Fondation Sanady et la Fondation OCP, 130 enfants ont pu bénéficier de soutien scolaire. L’un des principaux problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui est l’accompagnement des jeunes pour les insérer dans la vie active. Sur nos  260 pensionnaires, ils sont une centaine à avoir  plus de 18 ans.  Pour assurer leur accompagnement, nous avons besoin d’un budget de 3 millions DH, soit 30.000 DH pour chaque pensionnaire. Nous sollicitons les entreprises qui ont des besoins de recrutement pour nous aider à intégrer ces jeunes dans la vie professionnelle.

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