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Santé : Des avancées notables

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La santé des citoyens a toujours figuré parmi les priorités de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Souverain a déployé de grands efforts pour améliorer l’accès aux soins. Pour les démunis, il a créé le Régime d’assistance médicale (RAMED), un régime fondé sur les principes de l’assistance sociale et de la solidarité nationale, permettant d’accéder aux soins dans des conditions dignes et humaines. Lors de la 2ème conférence sur la santé qui s’était tenue à Marrakech en juillet 2013, le Souverain avait adressé un message aux participants pour mettre en place une Charte nationale «réaliste» et «applicable», qui place le citoyen au cœur du système de santé. Celle-ci a pour ambition majeure de redresser les dysfonctionnements et de trouver les moyens pour dépasser les contraintes. Le défi est de taille.

Un secteur malade

Notre système de santé souffre de nombreux maux malgré des avancées notables. Durant les 15 ans de règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, les ministres qui se sont succédé ont tenté, chacun à sa manière, de sauver un secteur malade. Il faut dire que le manque de moyens et les problèmes structurels, le déficit de personnel, les déséquilibres en matière d’accès aux soins n’ont pas facilité les choses. Comment guérir un secteur avec des indicateurs aussi alarmants au niveau de l’offre de soins ? Faut-il rappeler que le Maroc compte 1 lit pour 1.000 habitants et 1 centre de santé pour 10.000 habitants.  
Le système souffre d’un manque crucial de personnel, à savoir 1 médecin pour 12.000 habitants et 1 infirmier pour 1.000 habitants. Quant à l’utilisation des services de santé, le taux d’hospitalisation n’est que de 4,7 et de 13% pour les Urgences. Tous ces indicateurs montrent bel et bien que le secteur va mal. Le constat est inquiétant et connu depuis de nombreuses années.

Cheikh Biadillah, beaucoup de bonnes intentions

Le gouvernement de Driss Jettou avait fait de la santé un des axes stratégiques de sa politique. A l’époque, le ministre de la santé, Mohamed Cheikh Biadillah, était convaincu qu’une stratégie basée sur le partenariat et impliquant Etat, collectivités locales, ONG et secteur privé servirait à réduire les écarts et à améliorer les prestations dans le secteur. Le département de tutelle avait alors concocté toute une stratégie sur la période allant de 2003 à 2007. La régionalisation pour réhabiliter le système sanitaire, la réhabilitation hospitalière, la rationalisation de la gestion des ressources ont figuré parmi les principaux axes de cette stratégie. Malgré les bonnes intentions du ministre de la santé, le secteur de la santé a continué à faire face à de grandes difficultés. Néanmoins, on notera que la mise en œuvre du code de la couverture médicale de base et l’entrée en vigueur effective de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) le 1er mars 2005 ont constitué une étape importante de la politique de santé.

Baisse des prix des médicaments, une révolution

Le secteur de la santé a connu sous le gouvernement Benkirane de nouvelles mutations. L’une des mesures phares du ministre de la santé, Lhoussaine Louardi, a été la baisse des prix des médicaments. Elle concerne au total 1.578 médicaments, soit 30% de l’ensemble des médicaments vendus au Maroc. Les pourcentages de baisse des prix ont atteint pour 656 produits entre 20 et 80% de leurs anciens tarifs. Avant d’être effectives, les négociations n’ont pas été de tout repos avec les professionnels en raison des graves répercussions sur le secteur: aggravation du déficit de la balance commerciale extérieure, disparition des médicaments à petits prix au profit des plus chers qui sont pour la plupart importés, ralentissement des investissements… En revanche, sa loi sur les cliniques lui a attiré beaucoup de critiques.
Les opposants au projet de loi 131-13 relatif à l’exercice de la médecine estiment qu’il porte atteinte à l’équité et au droit de santé pour tous. En libéralisant les cliniques, la majorité sera dans l’incapacité de régler les dépenses de soins. Il n’est pas inutile de rappeler à ce sujet que près d’un tiers de la population marocaine reste exclu de l’AMO. Il faut aussi noter que les opposants à la loi craignent de voir les structures publiques se vider de leur personnel.

Santé mentale et mortalité maternelle les priorités d'urgence

La santé mentale est le parent pauvre de notre système de santé. «La situation des hôpitaux psychiatriques est catastrophique car la santé mentale n’a jamais été une priorité des précédents ministères», avait reconnu M. Louardi. Le ministre s’est engagé à renforcer l’offre de soins psychiatriques avec la création de 3 hôpitaux régionaux (Kénitra, Agadir et El Kelâa) et 3 services intégrés de psychiatrie (El Jadida, Khouribga, Khenifra). Sa politique de santé mentale cible la prise en charge gratuite de plus de 70.000 schizophrènes et plus de 3.000 malades dépressifs. Sur le plan des infrastructures, 5 nouveaux centres d’addictologie verront le jour (Oujda, Tétouan, Agadir, Kénitra et Tanger).
Pour ce qui est de la mortalité maternelle et infantile, le ministre de la santé doit se livrer à une rude bataille. L’objectif fixé est de réduire la mortalité maternelle de 112 à 50 décès pour 100.000 naissances vivantes et la mortalité néonatale de 19 à 12 décès pour 1.000 naissances vivantes à l’horizon 2016.
Quant à la mortalité infanto-juvénile, le ministère de la santé souhaite parvenir à 20 décès pour 1.000 naissances vivantes. Si des avancées ont été enregistrées ces dernières années, force est de constater que 54 enfants de moins de 5 ans meurent encore chaque jour dont 51 avant la première année et 33 avant d’atteindre l’âge d’un mois. Pour réduire ces taux, le ministère de la santé a élaboré un plan quinquennal (2012-2016). A travers ce plan ambitieux, le ministre de la santé entend étendre la couverture aux soins obstétricaux et néonatals d’urgence. Le but est d’atteindre 90% de couverture en consultation prénatale (CPN) et 90% d’accouchements en milieu surveillé.

Lutte contre le cancer, des avancées notables  

Depuis sa création en 2005, la Fondation Lalla Salma – prévention et traitement des cancers lutte sans relâche contre ce fléau. Le coût onéreux de la prise en charge et l’insuffisance des programmes de prévention et de détection constituent des obstacles de taille. Pour remédier à ces problèmes, la Fondation Lalla Salma s’est tracé pour objectif de mettre en place un dispositif national de lutte contre le cancer qui bénéficie des meilleures pratiques dans le domaine, en mettant en œuvre une stratégie adaptée aux spécificités du pays. Durant ses 9 ans d’existence, la Fondation a mené de multiples actions pour améliorer la prise en charge des patients, encourager les actions de prévention et faire de la lutte contre le cancer une priorité de santé publique au Maroc. Grâce à ces efforts, les malades démunis et au revenu modeste peuvent aujourd’hui accéder aux médicaments gratuitement, chose qui était inimaginable avant la naissance de la Fondation. La création des centres d’oncologie et de Maisons de vie dans les différentes villes du Royaume a facilité la prise en charge des patients qui auparavant devaient parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres pour se soigner. La Fondation a accordé un intérêt particulier à la formation de ressources humaines et à la recherche scientifique en multipliant les partenariats au Maroc et à l’international.

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