Santé mentale : La bipolarité à faire sortir de l’ombre au Maroc…

Santé mentale : La bipolarité à faire sortir  de l’ombre au Maroc…

Déstigmatiser la maladie c’est ce que souhaite Maria El Kissi, auteure du livre «Ma vie, l’obscure clarté» et diagnostiquée bipolaire, depuis quelques années. Son défi est de sensibiliser autour de la maladie pour rendre la vie plus simple aux patients. Car l’acceptation de la famille et de l’entourage est très importante. Au Maroc, le tabou est toujours là. La table ronde organisée le 30 juin dernier a permis de réunir Pr Driss Moussaoui et Pr Nadia Kadiri ainsi que Bouchra Benyezza, fondatrice de l’art thérapie à l’hôpital Ibn Roch de Casablanca. C’est ainsi qu’au témoignage authentique de Maria sont venues se rajouter des informations sur la pathologie qui suscitera un débat bien riche dans la salle. La nécessité de sensibiliser est réelle.

Les détails.

Maria El Kissi a eu le courage de le faire. Elle est bipolaire mais, aujourd’hui, l’auteure du livre «Ma vie, l’obscure clarté» le vit normalement et entend bien déstigmatiser un sujet encore tabou au Maroc. La table ronde organisée autour de la thématique s’est déroulée le 30 juin dernier. Elle a réuni deux spécialistes en psychiatrie et la fondatrice de l’art thérapie à l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca. Pr Driss Moussaoui et Pr Nadia Kadiri sont venus apporter les éléments nécessaires pour mieux comprendre ce qu’est la bipolarité. Bouchra Benyezza a participé au débat pour montrer comment la valorisation par l’art peut accompagner favorablement des personnes atteintes d’une souffrance mentale. Maria El Kissi a tenu à convier deux figures de la psychiatrie marocaine, l’un est fondateur du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, l’autre est psychiatre, psychothérapeute et sexologue et responsable de l’Institut Marocain de thérapie cognitive et comportementale au sein de la même ville. Objectif : parler de la maladie sans être censuré par le regard de la société ou son jugement.

Maria El Kissi a choisi de passer par l’écriture pour raconter son parcours. Elle y raconte les trois bouleversements majeurs qui ont donné un cours totalement différent à sa vie, à savoir la dépression, le cancer du sein et la bipolarité. Soutenue par sa famille et accompagnée dans son périple, elle est coach de vie et se prend en main d’une manière sereine. Aujourd’hui, un autre pas est franchi avec ce nouveau cycle d’événements, tous ayant trait à la souffrance mentale. Pour elle, c’est clair : le défi est de lever tous les tabous autour de la question et décrypter les principaux éléments tels que l’origine de la maladie, ses symptômes, la prise en charge, le diagnostic, les options de traitement disponibles…

Accompagner les malades et leurs proches pour mieux s’en sortir, tel est l’ultime objectif. Le poids de la société au Maroc étant un facteur de blocage réel. C’est dans cet état d’esprit que Maria oeuvre pour la promotion de l’importance de la santé mentale. Ces actions de bénévolat, elles les a orienté, naturellement, vers Bouchra Benyezza, au sein du centre psychiatrique Ibnou Rochd mais également vers l’association «Les Amis du Ruban Rose», qui a pour objectif d’accompagner et de soutenir les femmes atteintes du cancer du sein.
La bipolarité n’étant pas une fatalité en soi mais une maladie; elle devra être diagnostiquée au plus tôt pour que le patient reçoive le traitement nécessaire. A l’aide de régulateur de l’humeur, sa vie pourra être normale. A terme et après une bonne connaissance de ce qui lui arrive, il pourra même sentir venir ses crises et les maîtriser tant qu’il pourra. Les deux experts de la question ont en effet détaillé les symptômes de la maladie qui se reconnaît, essentiellement, par des excès maniaques accompagnés par des dépressions ou troubles de l’humeur… Les tableaux cliniques changent d’un patient à un autre. Les personnes souffrant de pareils troubles devront consulter pour avoir un diagnostic personnalisé, au même titre que n’importe quelle autre maladie. Car la bipolarité se traite et devra être portée sur le devant de la scène pour que les personnes atteintes ne se sentent pas obligées de dissimuler leur souffrance. Le défi est clair. La cause noble.

Il faut dire également que, selon les chiffres de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la bipolarité concerne plus de 60 millions de personnes dans le Monde. Le Maroc est également concerné. Et il est donc primordial de sensibiliser autour de la nature du trouble. L’accessibilité à l’information sur le sujet est aussi importante pour que le patient accepte sa maladie et s’épanouisse au-delà des difficultés qu’elle représente. Autre maillon très important dans la reconstruction du patient : la famille. Elle joue en effet un rôle très important dans la trajectoire du patient ainsi que son entourage. Car ses membres devront apprendre à reconnaître la nature de la maladie, déceler les symptômes avant-coureurs et s’assurer d’avoir les bons gestes et le dispositif adéquat pour accompagner comme il se doit le patient.
En clair, la bipolarité est affaire de tous. Les pouvoirs publics sont tout aussi concernés…
L’exercice n’est pas simple mais il en vaut la chandelle.
Le débat est désormais ouvert.

Quelques personnalités connues, diagnostiquées bipolaires

Maria Carey : chanteuse et musicienne
Richard Dreyfuss : acteur
Mel Gibson : acteur et réalisateur
Selena Gomez : actrice et chanteuse américaine
Marilyn Monroe : actrice américaine
Friedrich Nietzsche : philosophe
Robert Schuman : compositeur allemand
Frank Sinatra : chanteur américain et acteur
Nina Simone : chanteuse américaine
Jean Claude Van Damme : acteur
Catherine Zeta-Jones : actrice

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