Souffrance des malades d’Alzheimer et de leurs familles : Il est temps d’en parler

Souffrance des malades d’Alzheimer et de leurs familles : Il est temps d’en parler

Un webinaire a été consacré au sujet à l’occasion de la journée mondiale

Pour éviter l’évolution rapide de cette maladie incurable et irréversible, le diagnostic doit être fait par des professionnels pour la prise en charge du malade, nécessitant l’implication de tous les intervenants

Considérée encore comme un tabou dans une certaine partie de la société, la lutte contre la maladie d’Alzheimer, dont les soins sont coûteux et lourds à supporter par les familles des patients, devra être l’une des priorités de la santé publique au Maroc. C’est du moins ce qui est ressorti d’un webinaire organisé, lundi 21 septembre, sous le thème «Alzheimer au Maroc : et si on parlait ?». Initié par Rotary club Casablanca La Sqala, ce webinaire, qui a eu lieu à l’occasion de la Journée mondiale d’Alzheimer, a pu réunir des spécialistes et des intervenants de premier plan pour mieux connaitre les stade de l’évolution de cette maladie incurable et les thérapies proposées pour ralentir la détérioration de l’état des malades diagnostiqués. Selon Mostapha Aziz Alaoui, neurochirurgien, cette pathologie neurodégénérative se caractérise par la dégénérescence progressive de certaines cellules du cerveau qu’on appelle les neurones. Lesquels sont considérés comme «les véritables supports de toutes les grandes fonctions de notre corps et celles de notre cerveau», affirme-t-il.

Les malades diagnostiqués comme atteints d’Alzheimer sont, poursuit M. Alaoui, complètement désorientés dans le temps et dans l’espace et perdent ainsi tout contact avec la réalité. «Ils ignorent même les valeurs et les règles de conduite sociétale qui vont nous permettre en général de mener une vie normale», fait-il savoir.
M. Alaoui tient à préciser que pour éviter l’évolution rapide de cette maladie incurable et irréversible, le diagnostic doit être fait par des professionnels pour la prise en charge du malade, nécessitant l’implication de tous les intervenants, notamment le généraliste, considéré comme le premier médecin consultant, la famille, le neurologue et l’Etat. «Il faut essayer par tous les moyens de désenclaver les patients qui sont généralement nos proches et nos parents et qui nous avaient tout donné quand ils avaient la possibilité de le faire», précise-t-il.
D’un autre côté, l’intervenant a tenu à mettre en exergue les avancées réalisées sur cette pathologie et les espoirs en sont de plus en plus grands. «Plusieurs progrès sont réalisés dans des pays développés concernant le diagnostic et la prise en charge des malades diagnostiqués», dit-il, faisant remarquer que les pays développés doivent être pris en exemple pour ce qui est de l’aide aux patients et leurs familles.

Même son de cloche pour Radia Chmanti Houari, présidente de la commission Alzheimer-Rotary club Casablanca La Sqala, qui a appelé à la mobilisation de tous les intervenants pour faire sortir le patient de son isolement et soutenir sa famille, dont la plupart ont tout abandonné pour pouvoir l’accompagner dans les différentes stades de l’évolution de sa maladie. D’autant plus que «la maladie d’Alzheimer touche 150.000 personnes au Maroc, avec 30.000 cas qui s’y ajoutent annuellement», dit-elle, faisant remarquer que ces chiffres ne reflètent pas la réalité de la situation au Maroc.
Les participants à ce webinaire ont convenu de l’importance du rôle de la société civile pour sensibiliser la population à risque à la nécessité d’un dépistage précoce pour prévenir l’Alzheimer et à apporter le soutien aux malades et leurs familles dans leur lutte contre cette maladie. «La maladie d’Alzheimer nécessite la prise en charge médicale, sociale et familiale, mais aussi juridique pour protéger les intérêts des malades», explique Mohamed Bourragat, représentant de l’association Maroc espoir Alzheimer, tout en appelant à soutenir les familles à mieux connaître l’Alzheimer en vue d’assurer un meilleur accompagnement de leurs proches atteints de cette maladie.

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