Tanger : La mobilisation se poursuit pour sauver le jardin anglais

Tanger : La mobilisation se poursuit pour sauver le jardin anglais

Un mouvement de protestation vient d’être entamé afin d’attirer l’attention sur l’état de son abandon

Bénéficiant d’un positionnement stratégique, au milieu d’une série de bâtiments emblématiques construits entre la fin du 19ème et le début de 20ème siècle, le jardin anglais est un lieu chargé d’histoire et très cher aux Tangérois.

Témoin de l’empreinte anglaise, le jardin anglais à Tanger se trouve dans un état de dégradation très avancée. A cet effet, les représentants de la société civile locale ont entamé leur mouvement de protestation afin d’attirer l’attention des responsables sur l’état d’abandon de ce monument historique et naturel, dont l’effondrement de quelques parties de la toiture de son édicule avait déjà suscité l’inquiétude et le grand mécontentement des riverains. En plus de leur mobilisation sur les réseaux sociaux, ils viennent d’observer leur premier sit-in de protestation pour sauver ce célèbre square créé en hommage posthume au diplomate anglais Sir Reginald Lister peu de temps avant sa mort en 1912. Surtout que le jardin est menacé de disparition ou de défiguration avec le manque d’intérêt des responsables pour la mise en état et la réhabilitation de l’ensemble des lieux, où des barricades sont dressées autour de sa fontaine et de son kiosque (de style andalous) par mesure de précaution et pour préserver la sécurité publique.

La première cure de jouvence remonte à 2001. Situé en face de l’ancien consulat du Royaume-Uni (créé plus précisément en 1898), où se trouve l’actuel siège de la Direction régionale de la culture, le jardin anglais a bénéficié, en cette année, de la première opération de remise en état de ses lieux. Connue pour son militantisme en faveur de la sauvegarde du patrimoine tangérois, «Al Boughaz était derrière la restauration de ce bien collectif, qui était en état dégradation flagrante. Cette opération a été concrétisée avec l’aval des autorités concernées, grâce au soutien financier de l’Ambassade du Royaume-Uni», indique Rachid Taferssiti, président de l’association Al Boughaz.

Malgré tous les efforts déployés pour la remise en état du jardin ainsi que de sa fontaine et de son kiosque, d’aucuns reprochent, fait-il savoir, à l’association d’avoir mal restauré ce patrimoine historique. Alors que «l’état actuel du kiosque et du jardin qui l’entoure, est dû à l’abandon, dont a fait l’objet ce patrimoine, considéré comme un des derniers symboles de l’internationalité de Tanger», dit M. Taferssiti, faisant remarquer qu’après sa dernière restauration, «nous avons demandé que l’entretien du square soit attribué aux services municipaux avec l’emploi un gardien pour surveiller les lieux».

Bénéficiant d’un positionnement stratégique, au milieu d’une série de bâtiments emblématiques construits entre la fin du 19ème et le début de 20ème siècle, le jardin anglais est un lieu chargé d’histoire et très cher aux Tangérois. Il est témoin d’une partie exceptionnelle de la mémoire de Tanger, ayant été marquée par l’empreinte des décideurs et hommes d’Etat avant que la ville n’ait été placée sous le statut international. Parmi lesquels, figure Sir Reginald Lister, auquel fut dédié ce square, avait continué d’y exercer près de cinq ans comme ministre britannique jusqu’à sa mort en 1912. En plus de l’ancien consulat du Royaume-Uni, ce site se trouve à proximité de l’un des premiers établissements scolaires créés par les nationalistes tangérois, à savoir le collège Mohammed V et à quelques pas du Grand Hôtel-Villa de France ayant servi, au 19ème siècle (à l’époque où Tanger était ville internationale) comme résidence du chef de la diplomatie française.

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