Société

Tazi trahit son parti

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Le budget du ministère de la Justice a été "recalé" en commission à la Chambre des conseillers dans ce qui ressemble à un règlement de comptes avec Mohamed Bouzoubaâ en relation avec les poursuites et procès engagés après le scrutin du 8 septembre 2006.
Tout était mal parti, mercredi soir, quand d’abord Mohamed Bouzoubaâ, pour des raisons de santé, s’est fait seconder par Mohamed Achaâri, son collègue chargé de la Culture. Après de vives protestations des quelques conseillers présents aux travaux de la commission présidée par l’avocat istiqlalien Mohamed El Ansari, la discussion a finalement pu être engagée, mais pour se focaliser surtout sur l’"indépendance de la justice". Tous les partis s’y sont donnés à cœur joie.  Vingt-trois heures passées, s’était posée alors la question de voter ou de reporter le vote du budget de la Justice. Après plusieurs tractations, il a été décidé de passer au vote le lendemain jeudi. La matinée était le dernier délai puisque aucune commission ne peut légalement tenir de réunion quand se tient une séance plénière. La veille au nombre de 11, les conseillers de la majorité, membres de cette commission (27 sur 38), devaient affluer massivement. Il n’en sera rien. Malgré les contacts téléphoniques (y compris avec les présidents des groupes), 12 conseillers à peine sont du rendez-vous : 7 élus de la majorité et 5 représentant l’opposition. Les budgets du ministère de la Modernisation des Secteurs publics (MMSP), du ministère chargé des Relations avec le Parlement et celui du secrétariat général du gouvernement passent comme une lettre à la poste. Il devait en être de même pour le budget du département de Mohamed Bouzoubaâ. Première surprise : un conseiller de la Haraka se retire avant le vote, mais la majorité garde l’avantage avec une seule voix. Deuxième surprise : Youssef Tazi portera l’estocade fatale et vote contre le budget de la Justice en joignant sa voix à celles de l’opposition. Les autres conseillers de la majorité, membres de la même commission, arrivaient au Parlement au moment où l’"irréparable" avait déjà eu lieu.
Un membre dirigeant de l’Istiqlal, interrogé par ALM, a nié toute velléité de règlement de comptes avec Mohamed Bouzoubaâ ajoutant que ce n’était «ni le moment, ni le lieu pour le faire. Sinon, argumente-t-il, comment expliquer qu’un seul conseiller USFP (sur deux) a assisté aux travaux de cette réunion ?».
Le budget du ministère de la Justice devait être "repêché" en séance plénière prévue le même jeudi. A moins que, là encore, les conseillers de la majorité fassent défaut à Mohamed Bouzoubaâ.
Youssef Tazi, relève une source istiqlalienne était déjà passé outre les consignes de son parti en étant le seul membre du parti de Abbès El Fassi à voter pour Mustapha Oukacha quand ce dernier briguait son premier mandat pour succéder à Jalal Essaïd. Commentaire d’un conseiller de la majorité: «Abdelhak Tazi, le président du groupe parlementaire de l’Istiqlal, se trouve être le coordinateur des groupes de la majorité à la deuxième Chambre. Sauf qu’il ferait mieux de coordonner d’abord avec son fils».

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