Société

Tentative de torpillage avortée

Mohamed Benaissa, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a démenti les informations rapportées par certains médias espagnols selon lesquelles la délégation d’élus locaux espagnols, débarqués à l’improviste à Lâayoune, disposaient d’une autorisation du ministère des Affaires étrangères marocain.
Les faits remontent à samedi dernier quand une délégation de 15 parlementaires et journalistes espagnols, avait débarqué sans avis préalable à l’aéroport de Laâyoune pour soi-disant prendre connaissance des développements de la situation dans la région. Les autorités marocaines, faisant valoir le fait que les membres de la délégation ne disposaient pas d’une autorisation pour ce faire, les ont empêchés de circuler sur le territoire marocain.
Les autorités ont finalement exprimé leur disposition à permettre aux journalistes de faire leur travail, eu égard au principe de liberté d’expression et d’information, maintenant leur interdiction pour les politiques, dont certains sont connus pour leur hostilité au Maroc. Les membres de la délégation ont finalement regagné les Canaries. M. Benaissa, cité par notre confrère Al Ittihad Al Ichtiraki, a déclaré avoir été surpris par cette visite dont il n’avait aucune connaissance et mis au défit les élus concernés de produire une quelconque autorisation de la partie marocaine Faut-il voir dans cette nouvelle polémique une énième tentative des mercenaires, en fâcheuse position depuis qu’ils croupissent dans les abîmes de l’amnésie internationale, de braquer les projecteurs sur eux ? Ou alors un stratagème destiné à entraver le début de normalisation des relations entre le Maroc et l’Espagne, en bonne voie depuis la rencontre entre Taieb Fassi Fihri, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et à la coopération et son homologue espagnol Miguel Nadal en marge des travaux du forum 5+5 tenus à Tripoli en Libye ? Toujours est-il que le gouvernement espagnol n’a pas encore commenté officiellement «l’expulsion» par le Maroc d’une délégation d’élus connus pour leur hostilité à l’égard du royaume et débarqués quasi-frauduleusement sur le sol marocain, sans avoir emprunté les canaux officiels comme il est d’usage pour de telles initiatives.
Du coté espagnol on «déplore» que de telles démarches viennent ternir le ciel bilatéral au moment où la prolongation de la tension entre Rabat et Madrid commence à peser sur les différentes composantes des deux pays et que les appels à normalisation se multiplient.
Le dernier en date est celui du chef de l’opposition espagnole, le socialiste José Luis Zapatero, qui a présidé la délégation de son parti aux travaux du conseil de l’internationale socialiste, tenus à Casablanca. M. zapatero qui avait eu de longs entretiens avec le Premier ministre Abderrahmane Youssoufi, avait mis le PSOE de Jose Maria Aznar «devant ses responsabilités» de trouver «une solution au différend avec le Maroc». Les autorités espagnoles ont été fortement gênées de cette initiative. Le chef de la diplomatie ibérique, Josep Piqué l’a clairement exprimé en déclarant avoir demandé à toutes les parties espagnoles qui souhaitent se rendre au sahara d’accomplir «les formalités nécessaires », en vue d’éviter –aux marocains et aux espagnols – des incidents comme celui déclenché samedi à Lâayoune.
M. Piqué a même ajouté que le gouvernement central espagnol s’était prononcé contre ce projet de visite, déplorant la présence parmi les membres de la délégation de journalistes, fait que les organisateurs, a-t-il dit, n’avaient pas communiqué aux autorités espagnoles. Tentative de torpillage avortée. En attendant la prochaine.

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