Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) du président Zine El Abidine Ben Ali a rejeté, samedi, les critiques du Parti socialiste français (PS) dénonçant «la répression brutale» des troubles sociaux par les forces de l’ordre en Tunisie. «Le Parti socialiste français est très mal fondé à s’ingérer dans les affaires intérieures de la Tunisie, État souverain qui n’a de leçon de développement, encore moins de démocratie à recevoir de quiconque», affirme le RCD dans un communiqué transmis à l’AFP. «Prétendre qu’il y aurait eu une quelconque «répression brutale» des forces de l’ordre dans le cadre des incidents survenus dans la région de Sidi Bouzid relève de la désinformation et de la mauvaise foi», ajoute le RCD, jugeant les allégations du PS «totalement infondées» et «inopportunes et injustifiées». Le secrétaire national PS à la coopération, Pouria Amirshahi, avait dénoncé, jeudi, dans un communiqué la «répression brutale» de troubles sociaux et réclamé la «libération des militants arrêtés». Le PS français avait aussi souhaité «la libération des militants arrêtés», et appelé les autorités tunisiennes à garantir la sécurité des militants, des journalistes et des avocats, à protéger le droit à l’information et le droit de manifester pacifiquement. «Que le PS français, qui aime à donner des leçons de droits de l’Homme, en arrive à réclamer l’impunité pour des personnes ayant perpétré des violences sur des agents de l’ordre et des dégradations intentionnelles des biens publics et privés ne peut que choquer», déplore le RCD dans son communiqué. Selon ce parti, «les personnes interpellées dans le cadre de ces agissements l’ont été conformément à la loi. Elles bénéficient toutes de la présomption d’innocence (…) et auront à répondre devant la justice». Des troubles sociaux ont éclaté le 19 décembre à Sidi Bouzid (centre-ouest) à la suite de la tentative de suicide d’un jeune vendeur de légumes et de fruits sans permis qui s’était fait confisquer sa marchandise et humilier par la police municipale. Depuis, le ministre de la Communication a été remplacé ainsi que le gouverneur de la région de Sidi Bouzid.