Société

Une fédération nationale voit le jour : La maladie cœliaque touche près de 2% des Marocains

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Prise en charge : La maladie cœliaque n’est ni reconnue, ni dépistée, ni prise en charge de façon structurée au Maroc. Le régime sans gluten, seul traitement efficace, alourdit le budget familial de 50%. La Fédération marocaine des associations de la maladie cœliaque (FMAMC) a été créée pour exiger une reconnaissance et une prise en charge de cette maladie

L’AMIAG (Association marocaine des intolérants et allergiques au gluten) franchit une nouvelle étape majeure avec la création de la Fédération marocaine des associations de la maladie cœliaque (FMAMC). C’est dans ce cadre que l’AMIAG a organisé, samedi 16 mai à Casablanca sa 6ème Journée nationale de la maladie cœliaque sous le thème «La maladie cœliaque & la famille». Cet événement a réuni médecins, patients, familles et acteurs associatifs autour d’une programme très riche : conférences sur l’hérédité, les troubles de fertilité, les particularités chez l’enfant, les difficultés du régime sans gluten chez l’adolescent et l’impact sur la vie familiale avec une table ronde dédiée à la création de la FMAMC.

La maladie cœliaque est une maladie auto-immune chronique qui touche près de 2% de la population marocaine. En l’absence de diagnostic, cette maladie expose ceux qui en souffrent à des complications graves, dont un risque accru de cancer intestinal. Elle est déclenchée par l’ingestion de gluten, protéine omniprésente dans le pain, les pâtes et l’immense majorité des céréales consommées quotidiennement. Elle n’est ni reconnue, ni dépistée, ni prise en charge de façon structurée au Maroc. Le diagnostic reste difficile d’accès, financièrement prohibitif, et les médecins généralistes -première porte d’entrée du soin- ne sont pas formés pour l’identifier. Le régime sans gluten, seul traitement efficace, alourdit le budget familial de 50%.

Après des années d’actions isolées, la FMAMC compte structurer le mouvement pour exiger une reconnaissance et une prise en charge de cette maladie. Des acteurs du monde médical, associatif et civil, présents sur l’ensemble du territoire, souhaitent que la maladie cœliaque soit enfin reconnue au Maroc comme une pathologie chronique sérieuse. Il est à noter que quelques avancées concrètes ont été réalisées. Un label « sans gluten» est aujourd’hui opérationnel, audité par l’Imanor et porté par l’AMIAG.

Plusieurs industriels l’adoptent déjà – les industriels doivent suivre pour accéder à des produits accessibles et fiables marocains. L’AMIAG fait remarquer que «dans un pays où la consommation de blé est parmi les plus élevées au monde, l’invisibilité de cette maladie n’est plus acceptable». Plusieurs pays ont montré la voie. C’est notamment le cas de l’Italie, pionnière en la matière où la maladie cœliaque est pleinement intégrée aux politiques de santé publique : examens remboursés, produits spécifiques subventionnés, médecins formés, industriels mobilisés. Le Maroc a les moyens de s’inspirer de ce modèle.

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