Vaccination anti-Covid : Pourquoi il faut donner la priorité aux personnes en situation de handicap

Vaccination anti-Covid : Pourquoi il faut donner la priorité aux personnes en situation de handicap

Les associations œuvrant dans le domaine saisissent le chef de gouvernement

«Nous avons envoyé il y a une semaine une lettre au chef de gouvernement pour que les personnes en situation de handicap puissent faire partie des personnes prioritaires de la campagne».

L’Union nationale des associations œuvrant dans le domaine du handicap mental au Maroc (UNAHM) appelle le chef de gouvernement à donner la priorité et sans condition d’âge aux personnes en situation de handicap dans le cadre de la campagne nationale de vaccination. Ces personnes vulnérables présentant des pathologies à haut risque doivent être prioritaires au même titre que les personnes âgées. «Nous avons envoyé il y a une semaine une lettre au chef de gouvernement pour que les personnes en situation de handicap puissent faire partie des personnes prioritaires de la campagne. Il y a urgence. Ce sont des personnes vulnérables à très haut risque de forme grave, dont les personnes porteuses de trisomie 21.

Selon les données scientifiques les plus récentes, les personnes atteintes de trisomie 21 présentent en effet un risque d’hospitalisation 4 fois plus important et un risque de décès 10 fois supérieur par rapport à l’ensemble de la population. Le risque de complications médicales et de décès liés à la Covid-19 est beaucoup plus élevé chez les personnes en situation de handicap», indique Sabah Zemmama Tyal, vice-présidente de l’UNAHM. S’ils sont infectés, ils peuvent être plus susceptibles de souffrir d’une maladie grave, entraînant une hospitalisation, des soins intensifs voire la mort. En effet, les conséquences de la maladie sont plus graves pour les personnes en situation de handicap, qui ont des besoins de santé plus importants que les autres. Ces personnes sont plus vulnérables aux affections secondaires et aux comorbidités, telles que les affections pulmonaires, le diabète, les maladies cardiaques et l’obésité, qui peuvent aggraver leur état de santé. Comme le souligne Mme Zemmama Tyal, les personnes handicapées peuvent courir un risque accru de contracter la Covid-19 car elles ont du mal à respecter les règles d’hygiène comme le fait de se laver les mains en raison de difficultés physiques. Ainsi, le respect des gestes barrières est parfois un vrai défi pour ces personnes.

La distanciation sociale est difficile, voire impossible à appliquer pour les personnes qui dépendent d’un contact physique pour les aider dans les tâches quotidiennes courantes. Les mesures prises pour éviter la propagation du virus ne permettent pas toujours aux personnes les plus vulnérables, marginalisées et à risque, de se protéger efficacement. Pour toutes ces raisons, l’Union plaide pour une vaccination massive et rapide des personnes en situation de handicap. Elle souhaite également que les professionnels qui les accompagnent, à savoir les personnes qui travaillant dans les centres de protection sociale, les cadres éducatifs dans les établissements d’enseignement de personnes en situation de handicap puissent bénéficier en priorité de la campagne nationale de vaccination. A travers cet appel, l’UNAHM espère que les autorités prendront toutes les mesures nécessaires pour donner la priorité à cette catégorie de la population.

2,55 millions de personnes déjà vaccinées au Maroc

Depuis le démarrage de la campagne jusqu’au lundi 22 février, 2.552.017 personnes ont été vaccinées. Le nombre des personnes ayant reçu la deuxième dose du vaccin a atteint 23.667, selon le bulletin quotidien sur la situation de la Covid-19 du ministère de la santé. Les chiffres concernant la situation épidémiologique ont nettement baissé. Le bilan porte à 481.263 le nombre total des contaminations depuis le premier cas signalé en mars dernier, tandis que le nombre des personnes rétablies est passé à 465.297, soit un taux de guérison de 96,7%. Le nombre total des décès est passé à 8.559, avec 5 nouveaux cas recensés en 24 heures, soit un taux de létalité de 1,8%. Les cas de décès ont été enregistrés dans les régions de Casablanca-Settat (2), l’Oriental (1), Rabat-Salé-Kénitra (1) et Marrakech-Safi (1). Les nouveaux cas d’infection ont été recensés dans les régions de Casablanca-Settat (34), l’Oriental (29), Rabat-Salé-Kénitra (19), Souss-Massa (9), Fès-Meknès (5), Béni Mellal-Khénifra (4), Marrakech-Safi (3), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (2), Dakhla-Oued Eddahab (2) et Darâa-Tafilalet (1). Le nombre des cas actifs s’élève à 7.407, alors que les cas sévères ou critiques sont au nombre de 423, dont 32 placés sous intubation.

Covid-19 : 23 fois plus de risque de décès en cas de trisomie 21 !

Une récente étude menée par le groupement d’intérêt scientifique Epi-Phare, qui rassemble l’Agence du médicament (ANSM) et l’Assurance maladie (CNAM et qui a porté sur 66 millions de Français, a révélé que sept maladies augmentent hautement les risques face au coronavirus, en multipliant par plus de 2 les risques d’être hospitalisé et par plus de 4 le risque de mourir.

Il s’agit de la trisomie 21, la mucoviscidose, le cancer du poumon, le retard mental, l’insuffisance rénale, la greffe du rein et celle du poumon. Ainsi, une personne atteinte de trisomie 21 a 7 fois plus de risque d’être hospitalisée et 23 fois plus de risque de mourir, retard mental (4 fois plus de risque d’hospitalisation et 7 fois plus de décès), mucoviscidose (4 fois plus d’hospitalisation, 6 fois plus de décès) et insuffisance rénale chronique terminale sous dialyse (4 fois plus de risque d’hospitalisation, 5 fois plus de décès).

S’y ajoutent, le cancer «actif» du poumon, en cours de traitement (3 fois plus de risque d’hospitalisation, 4 fois plus de décès), ainsi que les greffes rénales (5 fois plus pour l’hospitalisation, 7 fois plus de décès) et du poumon (3 fois plus de risque d’hospitalisation et 6 fois plus pour le décès). L’étude en question avait également révélé que les personnes âgées sont de loin les plus fragiles face à la Covid-19. Ainsi, le risque d’être hospitalisé pour une personne de 70 à 74 ans est trois fois plus élevé que chez les 40-44 ans, et le risque de décès est multiplié par 30. Pour les 80-84 ans, ces risques sont respectivement 6 fois et 100 fois plus élevés que chez les 40-44 ans.

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