Société

Violences à l égard des femmes : A quand une loi-cadre ?

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Les violences contre les femmes sont encore trop fréquentes dans notre société. La Fédération de la Ligue démocratique des Droits des femmes  (FLDDF) juge la situation alarmante en pointant du doigt la recrudescence de ce fléau. Les exemples de violences  récentes ne manquent pas. La FLDDF cite le cas de Bouchra  de Sidi Bernoussi, qui à 19 ans  au lieu d’être à l’université comme les autres filles  se retrouve  à la morgue dans l’attente d’une hypothétique autopsie.

Elle s’ajoute à une longue liste où figurent  Ouafa d’Agadir, Lalathoum de Taounate, Latéfa de Fkih Bensaleh, Amina Filali de Larache et bien d’autres filles suicidées ou assassinées en raison des violences qu’elles ont subies. La Fédération et les membres du réseau «Femmes solidaires contre la violence»  dénoncent fermement ces «carnages interminables».

Elles observeront un sit-in le 24 novembre devant le Parlement  où elles appelleront le gouvernement à l’adoption urgente d’une loi-cadre. Celle-ci comprend des dispositions portant sur les conditions de prévention des violences, la protection des femmes victimes de violence, des sanctions dissuasives pour les auteurs de ces crimes et la  réparation  du préjudice subi par les victimes. Rappelons qu‘après le suicide de la jeune Amina Filali  la FLDDF avait  adressé  une lettre au chef de gouvernement Abdelilah Benkirane l’appelant à prendre d’urgence toutes les mesures administratives, judiciaires et politiques nécessaires pour éviter que de tels crimes  ne se reproduisent et à élaborer une loi-cadre de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

La Fédération estime qu’il est du devoir du gouvernement de garantir  aux femmes la jouissance pleine et entière de leurs droits humains tels qu’ils sont prescrits dans la Constitution et dans les conventions internationales ratifiées par le Maroc. Cette dénonciation de la FLDDF intervient alors qu’un projet de loi sur la lutte contre la violence faite aux femmes a été élaboré.  Un texte qui a été vivement contesté par les associations féministes. Leur mise à l’écart dans l’élaboration de ce projet, la confusion et l’absence de cohérence de l’approche adoptée ont figuré parmi les principaux points critiqués.

Un collectif d’associations  dont la Coalition «Printemps de la dignité» avait également relevé  une confusion de taille engendrée par l’inclusion de l’enfant dans un texte qui traite de la violence faite aux femmes. Les associations avaient réclamé le report de l’adoption du projet   ainsi que sa révision «pour permettre une bonne cohésion au niveau de la vision, de l’approche et des dispositions». Ce fameux projet de loi sera révisé avant d’être soumis à nouveau au Conseil de gouvernement.  

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