Belqola ne sifflera plus

L’arbitre international, Said Belqola, est décédé samedi dernier à l’hôpital militaire Mohammed V à l’age de 45 ans. Feu Belqola luttait depuis plusieurs mois contre une maladie incurable qui l’a emporté à un age précoce. Ses obsèques se sont déroulées, hier, à Tiflet après la prière d’Al Asr en présence de nombreuses personnalités du football. Natif de la ville de Tiflet en 1956, le défunt qui était fonctionnaire de l’administration de la douane était père de quatre enfants, trois filles et un garçon.
Même si tout le monde savait qu’il était condamné par sa longue maladie, la nouvelle de sa mort a surpris tous ceux qui l’ont vu dernièrement en train de suivre un match dans un stade de football. Les ravages de la maladie étaient certes visibles sur son visage et dans son corps, mais l’homme n’avait rien perdu de sa sérénité et de sa foi dans le bon dieu.
C’est pour cela que personne ne s’attendait à cette mort subite car tout le monde croyait qu’il allait résister plus longtemps à ce coup de destin. Mais la loi divine est ainsi faite pour que quand arrive l’heure, elle devient irréversible. Mais Belqola aura marqué, durant sa courte et riche vie, l’histoire du football mondial. Ses enfants, sa famille et tous les Marocains se remémoreront tout le temps cet homme en regardant les tablettes de l’histoire de l’arbitrage. Feu Said, même mort, restera toujours le premier arbitre arabe et africain qui a dirigé une finale de la coupe du monde.
C’était en 1998 lors de ce fameux France-Brésil qu’il a dirigé avec une main de maître et où il a eu le courage d’expulser le Français Marcel Dessailly. Notre consoeur du quotidien français, l’Equipe, la Marocaine Ghizlaine Mouline, se rappelle bien de cet homme qu’il a connu au cours de ce mondial : « au cours du Mondial de 1998, je l’appelais chaque matin au téléphone et je discutais avec lui alors qu’il était isolé avec ses pairs dans le QG des arbitres. J’étais la seule journaliste avec qui il nouait ce contact et je crois qu’il m’avait adopté parce que j’étais une Marocaine.
Il est vrai que comme il était tenu par le droit de réserve, il restait très nuancé dans ses propos et affichait une délicatesse et une subtilité manifeste. Mais j’ai senti qu’il me faisait vraiment confiance en montrant envers moi une disponibilité sans faille. Ceci étant , feu Belqola était un homme d’une grande personnalité sinon il n’aurait jamais eu ce rare audace d’expulser Marcel Dessailly dans une finale, devant son public et dans un Stade de France archi comble et tout acquis aux tricolores. Le destin a voulu qu’il quitte ce monde le 15 juin 2002, c’est-à-dire quatre ans, jour pour jour, après avoir arbitré le match Allemagne-USA en 1998» Auparavant, feu Belqola, qui est devenu arbitre international en 1993 compte à son actif plusieurs rencontres internationales importantes. Il a notamment dirigé la finale de la Coupe d’Afrique de 1998 qui s’est déroulée au Burkina Fasso et qui avait opposé l’Egypte au Ghana. Le défunt avait aussi officié des rencontres comptant pour la coupe du monde espoir, la mini-coupe du monde en France, les éliminatoires olympiques d’Asie et beaucoup d’autres manifestations.
Après sa brillante prestation en finale de la coupe du monde de 1998, feu Belqola avait été sollicité par la fédération japonaise pour arbitrer et encadrer les arbitres nippons. C’est dire combien cet homme a marqué son temps et a donné une belle image de l’arbitrage marocain. Nous sommes à Dieu et à dieu nous revenons.

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