Entre Mexique et Etats-Unis, leur coeur balance

La rencontre Mexique-Etats-unis, lundi à Jeonju (Corée du Sud), avec à la clé le statut de leader nord-américain et, surtout, une place en quart de finale du mondial 2002 de football, est un dilemme pour ceux qui sont nés au Mexique, mais vivent aujourd’hui au nord du Rio Grande. «D’un côté, il y a le Mexique où vous êtes nés, confie Vasilio Diaz, serveur au Viva Fresh, un restaurant de Los Angeles (Californie). Mais de l’autre, il y a les Etats-Unis, où vous avez la possibilité d’avoir une vie meilleure. C’est difficile.» Quand le coup d’envoi sera donné, lundi à 15h30 en Corée du Sud -dans la nuit de dimanche à lundi sur la côte est des Etats-Unis- Vasilio Diaz soutiendra les Aztèques. Mais, reconnaît-il, ce ne sera pas forcément le cas de tous les natifs mexicains de la région. «La nouvelle génération supporte les Etats-Unis», assure-t-il. Pour les Mexicains, cette 47e rencontre entre les deux pays est l’une des rares occasions de prendre l’ascendant sur le puissant voisin du nord. Et de s’offrir une -petite- revanche sur 150 ans de rivalité entre deux Etats que tout oppose : immigration, questions commerciales et même peine de mort.
Barman au Viva Fresh, Manuel Torres, veut croire que les questions extra-sportives n’interféreront pas sur le terrain. «Il y a une rivalité historique, mais pas parce qu’ils sont voisins, selon lui. Mais parce que le Mexique a été n.1 de la zone concacaf et que maintenant les Etats-Unis deviennent plus forts.» En ville, Nestor Ayal, accompagné de sa fille et de son petit-fils, vend des drapeaux américains et mexicains dans la rue.
Habituellement, on le trouve au même endroit à proposer des bouteilles d’eau, des fruits ou des fleurs pour une église de Los Angeles. Vendus de à 10 dollars (de 5,25 à 1,50 euros), une centaine de drapeaux ont trouvé acquéreur samedi, avec une longueur d’avance pour les couleurs mexicaines.
Ailleurs aux Etats-Unis, où vivent 8 millions de personnes nées au Mexique et 14 autres millions de descendants, certains sont en revanche moins fidèles à leur pays d’origine. «J’espérais qu’une telle rencontre n’aurait pas lieu. C’est difficile de supporter quelqu’un dans un match comme celui-là», confesse Antoio Mendoza, résident de Chicago. Sa femme, Adriana, a fait son choix : ce sera le Mexique. Idem pour Jos Buenrostro de Dallas : «J’aime les Etats-Unis, mais c’est de toute façon le Mexique ça va être comme quand on joue contre son voisin dans la rue.». Malgré les progrès américains, ce Texan d’adoption prévoit la sortie de route pour les hommes de Brice Arena.

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