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Euro 2008 : La France compte sur Thuram

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Le statut d’intermittent de Thuram à Barcelone pose la question de sa compétitivité à l’Euro-2008, lui-même se fait énigmatique quand il évoque la suite de sa carrière en équipe de France, autant de mystères autour de l’avenir d’un pilier des Bleus même si Domenech compte encore sur lui pour les guider. Les uns évoquent leur «bonheur» et leur ambition pour le futur Championnat d’Europe, d’autres leur «soulagement». Thuram, lui, feint le détachement depuis samedi et le dénouement heureux de la campagne qualificative des Bleus. En vieux sage (il fêtera ses 36 ans le 1er janvier) et du haut de son record de sélections (135), il a d’abord tenu à relativiser la performance française. «C’est le contraire qui m’aurait surpris et qui aurait été anormal», a-t-il affirmé dans les colonnes du journal l’Equipe, avant de laisser planer le doute au sujet de sa présence à l’Euro. «J’espère déjà pouvoir y participer, a-t-il expliqué avant le dernier match, sans enjeu, des Bleus en Ukraine dans le groupe B des éliminatoires. Il y a l’âge qui vous rattrape même si vous avez très, très envie».
Depuis le début de la saison, Thuram fait face à une rude concurrence en défense à Barcelone où il doit lutter avec Puyol, Marquez, la recrue argentine Gabriel Milito et Oleguer pour les deux places dans l’axe de la défense catalane. En tout et pour tout, le Français n’a été titularisé que cinq fois en 12 journées de championnat. «Je joue très peu à Barcelone, donc ce sera très difficile de garder un très, très bon niveau, a-t-il d’ailleurs admis. Si je sens que je ne serai pas à la hauteur, cela ne sert à rien, ce sera un désavantage pour l’équipe. Mais je ferai en sorte que cela n’arrive pas». Lors de l’exercice 2006-2007 quand il avait dû composer avec le même souci, le Guadeloupéen avait déjà exprimé ses doutes au sujet de la poursuite de son aventure en bleu, estimant qu’il aurait «du mal à aller jusqu’à l’Euro».
Son histoire mouvementée avec l’équipe de France, depuis l’arrivée de Raymond Domenech en juillet 2004, a également de quoi l’inciter à la prudence.
Sorti de sa retraite en août 2005 avec Zidane et Makelele pour sauver les Bleus à la dérive dans leur groupe de qualification au Mondial-2006, le défenseur avait mis quelques mois avant d’adhérer totalement au discours du nouveau sélectionneur. Le déclic était survenu en Martinique avant le match amical contre le Costa Rica (3-2), un stage fondateur qui avait permis de cimenter les liens entre les cadres, Raymond Domenech et le reste de la troupe. Une fois le Mondial-2006 terminé, Thuram avait hésité avant finalement de rempiler, fin août 2006, juste avant le début des éliminatoires de l’Euro-2008. Cette fois, malgré les états d’âme de son joueur, c’est le sélectionneur lui-même qui est monté au créneau, jugeant « indispensable » la présence à l’Euro de cadres comme Thuram et Makelele pour épauler les jeunes internationaux.
Le précédant du Mondial-2006 où la vieille garde avait mené l’équipe de France jusqu’en finale n’a pas été oublié par Raymond Domenech « Tant que les joueurs seront performants, et Lilian et « Make » le sont malgré leur âge avancé, ils seront là parce qu’ils amènent plus que ce qui se passe sur le terrain », a-t-il ainsi affirmé une fois la qualification acquise. Au fond, le technicien français connaît parfaitement « son » Thuram, capable, au détour d’une phrase comme il l’a fait mardi, d’exprimer même la tentation de rempiler après l’Euro-2008 («Si jamais je trouve des ressources inespérées»).
La page Thuram en équipe de France est décidément loin d’être tournée.

Keyvan Naraghi
(AFP)