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La D3 prise en otage

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Cela fait aujourd’hui quatre mois que les équipes de troisième division de football, relevant de la ligue du Grand Casablanca, s’entraînent régulièrement sans disputer le moindre match. A l’origine de cette situation, le moins que l’on puise dire, inédite, un bras de fer entre le corps des arbitres et les responsables de la ligue. Au début, le conflit était limité aux arriérés des hommes habillés en noir et qui remontent à la saison dernière. « Nous avons eu une réunion avec les arbitres, il y a presque un mois et demi. Nous leur avons demandé de venir récupérer leurs dus. Certains, l’ont fait, d’autres réclament autre chose que les arriérés», a tenu à expliquer par téléphone Mustapha Okacha, secrétaire général de la ligue du Grand Casablanca.
Avec le temps, ce bras de fer s’est transformé en revendications. Depuis que les arbitres se sont regroupés en association, il y a environ trois ans, pour défendre leurs intérêts. Initiative qui, selon Okacha, a toujours eu le soutien de la ligue. «Cette association veut être le porte parole de l’ensemble des arbitres. Le président, Abdelhadi Islah, lui, veut discuter avec les arbitres et non l’association», a précisé ce dernier.
Pour essayer de trouver un terrain d’entente à ce conflit, la ligue du Grand Casablanca devait se réunir, hier, avec les arbitres. Pris en otage, les clubs de troisième division ne savent plus quoi faire. Selon un entraîneur d’une équipe qui évolue en troisième division, et qui a voulu garder l’anonymat, ce qui se passe aujourd’hui au niveau de la ligue reflète parfaitement l’état de santé du football national, un football de misère. «À quoi sert que les clubs s’entraînent sans disputer de championnat ? Cela fait quatre mois que l’on se prépare. Ça va durer jusqu’à quand ? Je ne sais pas. J’étais à la fédération pour en savoir plus. Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas encore eu de réponse de la part de la ligue. Vous imaginez l’état psychique actuel des joueurs. Et il n’y a pas que cela. Nous dépensons de l’argent pour rien. Je ne sais pas qui doit intervenir pour résoudre ce problème, mais il faut faire quelque chose», a confié notre source.
Et la fédération dans tout cela ? «Pour elle, c’est un problème qui concerne la ligue et c’est à elle de trouver une solution», a tenu à souligner notre source.
À la veille du lancement du professionnalisme, projet annoncé en grande pompe et qui concerne essentiellement les clubs d’élite, le football amateur et de troisième division continue de payer le prix de la mauvaise gestion de la chose footballistique au niveau des ligues. Pourtant, les clubs qui évoluent dans ces divisions-là et que l’on considère comme petits regorgent de jeunes talents. Ils ont toujours été des pépinières pour les grandes équipes.