ALM : Etes-vous satisfait des résultats obtenus par nos athlètes aux Championnats arabes tenus à Amman ?
Mustapha Aouchar : Premièrement, il faut préciser que ces Championnats arabes ont été un peu « improvisés ». En effet, la date a été changée à la dernière minute alors que plusieurs de nos athlètes avaient déjà entamé les préparatifs pour les Championnats du monde prévus en août prochain. Contrairement à d’autres pays, comme l’Arabie Saoudite, la Tunisie ou encore le Qatar, le Maroc a été représenté par une équipe nationale réduite. Deuxièmement, plusieurs pays arabes ont développé l’athlétisme de façon considérable durant ces dernières années.
D’autres ont importé des athlètes de pays africains, comme c’est le cas du Qatar qui compte parmi son équipe nationale plusieurs athlètes kényans. L’équipe nationale, qui n’était pas complète -nous n’avons pas couvert toutes les disciplines-, a quand même réussi à occuper la première place avec un total de 26 médailles, dont 14 en or. Pour moi, il s’agit d’un résultat plus que satisfaisant.
Quel était l’enjeu de ces championnats ?
Comme nous le savons, cela fait des années que le Maroc n’a pas pris part à ces championnats. Cette participation nous a donc permis de situer l’athlétisme national au niveau arabe qui, comme je l’ai souligné, ne fait que progresser.
Et c’est pour cette raison qui nous avons tenu à ce que le Maroc soit présent à Amman en dépit des problèmes du timing. La prestation de nos athlètes est un signe de bon augure dans la mesure où de jeunes athlètes, comme Siham Hilali (1500 m) et Hanane Skhiyi (400 m haies), qui sont imposés avec brio.
Peut-on donc dire qu’aujourd’hui en matière d’athlétisme la relève est assurée ?
Nous avons au sein de l’équipe nationale de bons éléments, jeunes et talentueux. Plusieurs d’entre eux évoluaient en juniors et leur participation à ces championnats arabes n’a pas passée inaperçue. La relève doit être maintenue. C’est un travail de longue haleine. Détecter les jeunes talents n’en est que le début. Il faut ensuite les encadrer, les orienter pour qu’ils puissent évoluer et atteindre ainsi le niveau international.
Comment évaluez-vous l’athlétisme national par apport au niveau africain ?
Durant les Championnats d’Afrique, qui se sont déroulés l’année dernière à l’Ile Maurice, la prestation marocaine a été modeste.
L’équipe nationale s’était alors classée huitième. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le niveau de l’athlétisme africain est très élevé surtout dans les courses des 800 et 1000 m. Dans ces distances, c’est carrément le niveau mondial. Toutefois, on espère que d’ici les prochaines échéances africaines, le Maroc va retrouver ses galons d’antan.
Ces dernières années, ce sport a été entaché par la fuite des athlètes vers d’autres pays. Que peut-on faire, selon vous, pour combattre ce « fléau » ?
Ce phénomène ne concerne pas uniquement l’athlétisme. Il y a aussi des médecins et des ingénieurs marocains qui préfèrent tenter leurs chances ailleurs. Pour l’athlétisme, la fédération ne cautionne que les bons éléments qui font partie de l’équipe nationale. Par contre, ceux, dont le niveau est moyen, qui veulent partir vers d’autres pays ne peuvent pas obtenir des lettres de recommandations de la fédération. Et c’est tout à fait légitime. En tout cas, en termes de chiffres, ce phénomène reste très relatif.
L’équipe nationale sera-t-elle prête pour les Jeux Olympiques de 2008 ?
Pour les Jeux Olympiques de Pékin, on n’a pas suffisamment le temps pour former de nouveaux cadres pour l’équipe nationale.
On participera avec l’actuelle équipe que l’on va tenter de renforcer de manière significative. On a déjà des éléments, comme Hasna Benhassi et Adil El Kaouch, capables de dérocher des médailles.










