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L’Agence mondiale antidopage renforce ses lois

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L’Agence mondiale antidopage (AMA) a évité une crise constitutionnelle en se dotant d’un nouveau président et d’un Code révisé, samedi à Madrid, mais ses institutions devront se montrer fortes dans un avenir proche où son président historique Dick Pound va forcément manquer. «A l’heure où le nouveau Code va permettre une plus grande interprétation et la flexibilité des sanctions, l’antidopage a besoin d’une AMA puissante», avait déclaré il y a un mois l’ex-ministre français des Sports Jean-François Lamour, en retirant sa candidature à la présidence de l’agence, insinuant que l’autre candidat désormais élu, l’Australien John Fahey, n’avait pas la pointure nécessaire pour marcher dans les pas de Dick Pound.
La première tâche de Fahey, élu confortablement ,30 voix sur 35,en dépit de l’abstention de l’Europe, sera donc de convaincre. Convaincre que son CV inexistant en matière d’antidopage n’est pas un handicap. Que Pound l’omnipotent, artisan de la crédibilité de l’AMA, n’est pas irremplaçable. L’ancien ministre des Finances australien n’a pas pris de risque en annonçant ses priorités, «Il faut renforcer la coopération entre les gouvernements et l’AMA», a-t-il indiqué, rappelant que seuls 71 pays sur les 191 qui l’avaient promis ont aujourd’hui ratifié la Convention de l’Unesco, donc le Code mondial antidopage. «Mon expérience précédente fait que je comprends comment fonctionnent les gouvernements. Ils avancent lentement, l’important c’est qu’ils le fassent».
A ce titre, le putsch tenté par une Europe furieuse d’avoir vu son candidat, Jean-François Lamour, mis en minorité par le reste du monde, aurait pu avoir des conséquences graves. Samedi après l’élection, la représentante des 47 pays du Conseil de l’Europe, Maud de Boer Buquicchio, a pourtant tenu à rassurer la nouvelle équipe de l’AMA, même si son poids politique est sorti considérablement amoindri de la bataille électorale, l’Europe continuera à verser près d’un quart du budget de l’Agence (contre 25% au reste du monde et 50% au Comité international olympique).
Seul motif de satisfaction pour le Vieux Continent, l’élection à la vice-présidence du Suédois Arne Lungqvist, président de la commission médicale du Comité international olympique (CIO), va rétablir un semblant d’équilibre et maintenir, au sommet de l’organigramme de l’AMA, la présence d’un dirigeant pointu en matière d’antidopage.
Pound pas loin? Car Fahey, néophyte de 62 ans, va bien devoir, le temps de se faire la main, se reposer sur l’expérience de ses collaborateurs et le poids acquis par l’Agence en huit ans d’existence.
Et sur un Code transformé pour coller au plus près aux attentes des partenaires, les gouvernements récalcitrants devraient très bientôt l’accepter et les fédérations sportives à la traine le mettre en pratique sous peine de se voir interdire l’organisation et l’accès aux jeux Olympiques.
Dans ce contexte, le soutien du CIO à John Fahey est essentiel. Après avoir un temps soutenu à Madrid l’hypothèse constitutionnellement farfelue d’une candidature du Français Guy Drut, le président Jacques Rogge s’est vite rangé derrière le nouveau patron de l’AMA, élu notamment grâce aux 18 voix du mouvement olympique et qui n’a finalement pas manifesté l’agacement escompté devant la division puérile des gouvernements.

Françoise Chaptal
(AFP)