Sports

L’Angleterre croise le fer avec l’Argentine : Une rivalité historique pour une place en finale

© D.R

Demi-finale
L’Angleterre et l’Argentine ont pris samedi les deux derniers billets pour le dernier carré de la Coupe du monde et s’affronteront dans un match au parfum de légende, 40 ans après la «Main de Dieu» de Maradona.


C’est le sommet que la planète football attendait. Ce mercredi, l’Argentine et l’Angleterre s’affronteront au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta pour une place en finale du Mondial. Plus qu’un simple match, cette affiche réveille une rivalité légendaire mêlant géopolitique, coups de génie et contentieux historiques.
L’inimitié est née lors du Mondial 1966. Dans un match d’une violence extrême, le capitaine argentin Antonio Rattín est exclu et refuse de quitter le terrain pendant de longues minutes. Après la victoire anglaise (1-0), le sélectionneur anglais Alf Ramsey interdit à ses joueurs d’échanger leurs maillots. C’est ainsi que commence l’animosité.
Le sommet dramatique est atteint au Mexique en 1986, quatre ans seulement après la guerre des Malouines qui a opposé les deux nations. Ce quart de finale devient le théâtre exclusif du génie et de la malice de Diego Maradona. En l’espace de quatre minutes, «El Pibe de Oro» inscrit les deux buts les plus célèbres de l’histoire du football. La «Main de Dieu», ce but de la main non signalé par l’arbitre au-dessus du gardien Peter Shilton et le «But du Siècle», cette chevauchée fantastique où Maradona passe en revue toute la défense anglaise depuis son propre camp. L’Argentine l’emporte 2-1 et ce match scelle à jamais la dimension géopolitique et passionnelle de cette confrontation.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
En 1998, en huitième de finale, le jeune David Beckham est exclu pour un geste d’humeur sur Diego Simeone. L’Angleterre est éliminée aux tirs au but, et Beckham devient le bouc émissaire de tout un pays. Quatre ans plus tard, en 2002, l’histoire lui offre sa rédemption : Beckham inscrit le penalty de la victoire (1-0) en phase de groupes, contribuant à l’élimination précoce de l’Argentine.
Aujourd’hui, une nouvelle page va s’écrire. Les Anglais affronteront les Argentins et on salive déjà de la perspective de cette affiche qui fera encore des étincelles.
Pour en arriver là, les deux sélections ont dû puiser dans leurs réserves physiques et mentales pour valider leur billet pour le dernier carré, passant toutes deux par les prolongations lors des quarts de finale.
Les champions du monde en titre ont souffert face à une vaillante équipe de Suisse. Tenus en échec (1-1) au terme du temps réglementaire, l’Albiceleste a fait la différence durant les prolongations (3-1) grâce à des réalisations de ses artilleurs, Julián Álvarez et Lautaro Martínez.
Pour leur part, les Three Lions, désormais guidés par le tacticien allemand Thomas Tuchel, ont frôlé la correctionnelle contre la Norvège d’Erling Haaland. Menés au score, les Anglais s’en sont remis à un immense Jude Bellingham, auteur d’un doublé salvateur pour arracher la qualification (2-1 après prolongations).
Les dynamiques des deux équipes laissent présager une opposition de styles fascinante. Tuchel a apporté une rigueur tactique et une solidité défensive qui manquaient parfois aux Anglais. Face à lui, le bloc argentin, fort de son expérience de tenant du titre, s’appuie sur une combativité de tous les instants.
Les clés de la victoire se trouvent dans le milieu de terrain. Le duel à distance entre la créativité argentine et le volume de jeu de Jude Bellingham, actuellement au sommet de son art, dictera le rythme de la rencontre. Le vainqueur de ce monument du football mondial décrochera son ticket pour la grande finale, où il retrouvera le survivant de l’autre demi-finale entre la France et l’Espagne.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux