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Le Maroc tient tête au géant brésilien: Un match nul aux allures de victoire morale

© D.R

Groupe C
Pour son entrée en lice dans le Groupe C de la Coupe du Monde 2026, l’équipe nationale du Maroc a signé une prestation monumentale samedi soir au MetLife Stadium, décrochant un match nul historique (1-1) face au Brésil de Carlo Ancelotti.


Si le tableau d’affichage sépare les deux nations sur un score de parité, le contenu du match tourne indéniablement à l’avantage moral des Lions de l’Atlas. Face à la constellation de stars de la Seleção, les hommes de Mohamed Ouahbi ont fait preuve d’un courage tactique et d’une intensité physique qui confirment leur statut de géant mondial.

Le chef-d’œuvre d’Ismael Saibari
Face à la Seleçao qui n’a plus soulevé le trophée suprême depuis 24 ans, les Marocains arrivaient gonflés à bloc avec leur titre de champions d’Afrique récupéré mi-mars sur tapis vert.
Dès les premières minutes, les Marocains ont refusé de subir. Loin de se recroqueviller en défense, le Maroc a bousculé le milieu de terrain brésilien par un pressing étouffant. Le mérite de cette audace a été récompensé à la 21e minute : sur une inspiration géniale, Ismael Saibari a éliminé la défense auriverde avant de lober magistralement Alisson Becker, plongeant le stade dans l’hystérie.
«Quand nous avons encaissé le but, notre façon de jouer est devenue beaucoup plus compliquée,» a admis Vinicius Jr, après-coup, à la télévision brésilienne.
Mais c’est bien lui qui a remis les siens dans le coup en marquant un but comme il en réussit beaucoup au Real Madrid. Excentré côté gauche, il a repiqué très rapidement dans l’axe et a décoché une frappe lourde du droit (32e).
Même après l’égalisation, les Lions de l’Atlas n’ont jamais paniqué. Ils ont continué à imposer un rythme de jeu étourdissant, brisant au passage le record du temps de jeu effectif de ce début de compétition.

La master class tactique et la révélation Bouaddi
Le grand mérite du Maroc réside dans sa discipline collective et l’intégration parfaite de ses jeunes talents. Titularisé à seulement 18 ans pour son tout premier match officiel, le prodige Ayyoub Bouaddi a rayonné au milieu de terrain. Sa maturité technique face à des joueurs chevronnés a dicté le tempo marocain et neutralisé les circuits de transition brésiliens.
En fin de match, alors que la fatigue physique aurait pu faire craquer le Maroc, c’est sa force de caractère qui a pris le dessus. Solides derrière, portés par un Yassine Bounou impérial dans ses cages, les Lions ont même frôlé le hold-up parfait dans les arrêts de jeu, obligeant Alisson à une double parade miraculeuse sur sa ligne.
Si Bouaddi n’a étrangement pas été élu «homme du match», il a en tout cas réussi à séduire le monde entier tant par ses qualités techniques que par sa maturité très précoce.

Eclairs d’inspiration
Lorsque le score sur le marquoir était d’un but partout, les deux sélections cherchaient à investir la moindre faille pour frapper. Le jeu brésilien a eu quelques éclairs d’inspiration, à l’image de la volée acrobatique de Paqueta, obligeant le gardien adverse Yassine Bounou à se détendre (45e).
Après la mi-temps, le jeu des Marocains a un peu perdu en fluidité et les meilleures occasions sont venues du Brésil par Raphinha (66e, 79e).
Dans le temps additionnel, le buteur du FC Barcelone a encore raté une grosse occasion en frappant sur Bounou (90e+2). Mais ce sont les Marocains qui ont failli réaliser le hold-up, Alisson devant faire un double arrêt devant Neil el-Aynaoui et Ayoub Mimouni (90e+9).

Un point en or pour la suite
Ce nul (1-1) face au favori du tournoi sonne comme une victoire tactique. Le Maroc prouve que son épopée de 2022 n’était pas un hasard, mais bien le début d’une ère où la sélection marocaine regarde les plus grandes nations du football les yeux dans les yeux. Avec 1 point au compteur, le Maroc se projette idéalement pour la qualification avant d’affronter l’Écosse et Haïti.

Déclarations des entraîneurs

Mohamed Ouahbi
Sélectionneur du Maroc

Le sélectionneur du Maroc, Mohamed Ouahbi, a affiché un sentiment partagé de satisfaction et de regret estimant que ses joueurs avaient réalisé une prestation solide.
«C’était un beau match. Nous avons bien joué. Nous serons meilleurs lors du prochain match», a déclaré Ouahbi lors de la conférence de presse d’après-match. Il a souligné la qualité globale de la prestation marocaine face à une sélection brésilienne «très impactante physiquement, présente dans la surface et portée vers le jeu direct».
Dans ce sens, le coach marocain a insisté sur la maîtrise affichée par son équipe par séquences. «Nous avons trouvé de la profondeur, nous avons imposé notre rythme, mais il faut apprendre à finir les matchs comme on les commence», a-t-il insisté.
Malgré ce léger goût d’inachevé, le sélectionneur a tenu à défendre l’état d’esprit de ses joueurs : «Je suis fier d’eux. Ce n’est pas une déception. Même dans le vestiaire, ils n’étaient pas euphoriques, car ils savaient qu’il y avait mieux à faire».
Sur le plan individuel, Ouahbi a évoqué la prestation du jeune milieu de terrain Ayyoub Bouaddi, assurant ne pas être surpris par son niveau : «Je connais très bien ses qualités». Il a également salué la performance du milieu Neil El Aynaoui, auteur, selon lui, d’un «match de très haut niveau», au cœur d’un secteur où le Maroc affiche, selon ses mots, «un mélange intéressant entre jeunesse et expérience». Concernant l’état de santé du gardien Yassine Bounou, le sélectionneur s’est voulu rassurant : «Il a reçu un petit coup à l’épaule, mais il va bien».

Carlo Ancelotti
Sélectionneur du Brésil

Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti, a estimé que le match nul concédé face au Maroc reflète la physionomie d’une rencontre «difficile et très disputée» entre deux équipes de «haut niveau».
S’exprimant en conférence de presse d’après-match, le technicien italien a reconnu les difficultés rencontrées par la Seleção face à une formation marocaine entreprenante, notamment lors de la première période.
«Ce fut un match difficile, compétitif et très disputé contre une bonne équipe», a-t-il déclaré, soulignant que son équipe n’a pas affiché son meilleur visage avant la pause.
«Nous n’avons pas réalisé une bonne première période. Nous avons été meilleurs lors de la seconde», a poursuivi l’ancien entraîneur du Real Madrid, relevant la réaction de ses joueurs après le retour des vestiaires.
«Je ne suis ni satisfait ni insatisfait. C’est un résultat qui reflète ce que nous avons vu sur le terrain», a-t-il conclu.

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