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Les dessous d’une crise

© D.R

Tout est parti de la lettre envoyée par Charles Villeneuve aux administrateurs déclenchant une crise de gouvernance et la démission en bloc des membres du conseil d’administration. Dans ce courrier, le président parisien réclamait les pleins pouvoirs, mais pointait également les problèmes financiers et la gestion des actionnaires.
Charles Villeneuve s’est notamment appuyé sur un autre courrier, écrit par Jérôme de Metz. Cet ancien membre de la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG), proche de l’actionnaire minoritaire Walter Butler, a démissionné fin décembre après s’être alarmé de la «structure déficitaire» d’un club qui devrait afficher près de 10 millions d’euros de pertes en fin de saison. Le président a d’ailleurs joint, dans son courrier, la copie de la lettre de M. de Metz. Jusqu’ici, Villeneuve entretenait pourtant des relations sans heurts avec le représentant Europe de Colony Capital, Sébastien Bazin. Après la démission des administrateurs dimanche soir, une assemblée générale va être automatiquement convoquée dans un délai légal de quinze jours. Pendant cette période, Charles Villeneuve reste officiellement président du Paris SG.Si les administrateurs ont opté pour la démission collective, c’est que, selon une source proche du dossier, «ils n’avaient pas le choix». En effet, seul le président du Conseil d’administration, en l’occurence Charles Villeneuve, a le pouvoir de convoquer un CA extraordinaire qui, seul, est habilité à le démettre de ses fonctions.
Le porte-parole des administrateurs, Simon Tahar, injoignable lundi, avait assuré qu’il n’y avait «pas de crise du pouvoir». Mais Charles Villeneuve est un président en sursis et sa marge de manoeuvre reste étroite. L’actionnaire majoritaire Sébastien Bazin n’a pas souhaité communiquer pour l’instant. «Il n’est pas encore prévu qu’il le fasse», a-t-on expliqué de source proche du dirigeant. Dans quinze jours, l’assemblée générale devra élire un nouveau Conseil d’administration qui sera alors chargé d’élire un nouveau président. Etant donné la fronde et l’opposition unanime des administrateurs envers Villeneuve, il semble acquis qu’il ne sera pas reconduit.

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