L’or mondial est sans doute moins prestigieux que la médaille olympique, mais l’exploit signé par les Bleus à Zagreb est au moins aussi monumental que celui de cet été, car remporté chez leurs plus grands rivaux.
Il fallait du cran aux Tricolores pour résister à la deuxième meilleure équipe du monde et à ses 15.000 supporteurs, pratiquement tous vêtus du maillot national à damier rouge et blanc dans la superbe et flambant neuve Zagreb Arena. «On leur a un peu gâché la fête. Maintenant, il va falloir qu’ils bossent dur pour nous rattraper et de ça, on en est très fier», s’est exclamé l’ailier de Montpellier Michaël Guigou, meilleur marqueur du match (10 buts). Leur victoire en Chine a gonflé les Bleus d’une confiance inébranlable.
Ayant touché le sommet absolu, ils ont aussi l’avantage de pouvoir considérer avec légèreté l’éventualité d’une défaite. «J’ai attaqué ce match en me disant que je n’avais rien à perdre et tout à gagner. ça m’a permis de tenter mes tirs sans aucune pression», a expliqué l’ailier Luc Abalo (2 buts).
Le principal danger était celui d’une perte de motivation. Ils l’ont balayé d’un revers de la main en survolant la compétition, leur succès le moins large ayant été remporté avec cinq buts d’écart, si l’on exclut la défaite sans signification mardi contre les Croates dans un match comptant «pour du beurre». Comme prévu, le match a été extrêmement rugueux et dominé par les défenses, entre deux équipes qui se connaissent parfaitement bien.
Elles s’étaient déjà affrontés à deux reprises à Pékin, à chaque fois à l’avantage des Français. La tension, alimentée par les cris des supporteurs, est même
parfois montée jusqu’à provoquer de petits accrochages, dont un entre les deux stars, Nikola Karabatic et Ivano Balic.
Le Français, originaire de Croatie par son père, a d’ailleurs été tout particulièrement ciblé et a reçu quelques rudes coups
dès le début du match. Souvent bloqué, il a fait briller les autres.









