Les deux soeurs Williams se sont assurées avec brio leurs qualifications en demi-finales des Internationaux de France. Ceci, alors que la tenante du titre Jennifer Capriati a obtenu difficilement le dernier billet pour les demi-finales de Rolland Garros, en sortant la Yougoslave de 19 ans Jelena Dokic, qui lui a opposé une belle résistance avant de baisser pavillon après trois sets (6-4, 4-6, 6-1) et une heure 24 minutes de jeu. En demi-finales, elle retrouvera Venus, qui a confirmé son statut de favorite en sortant Monica Seles 6-4, 6-2 en une heure et 13 minutes.
Accrochée en début de rencontre sur son engagement, Venus Williams a ensuite fait parler sa condition physique supérieure pour contrer les attaques de sa compatriote, triple gagnante du tournoi. L’aînée des soeurs Williams, qui a fait d’énormes progrès sur terre battue cette saison, a mis fin au parcours de Seles, 28 ans, qui disputait à Paris son dixième quart de finale en autant de participations. «C’est le premier match où j’ai été obligée de me déplacer énormément», a déclaré Williams, «parce que Monica vous oblige à beaucoup bouger.» La lionne Serena a, quant à elle, gagné le concours de vitesse et expédié brutalement la Française Mary Pierce, lauréate du tournoi en 2000, boutée hors de la compétition 6-1, 6-1 en 49 minutes.
Venus affrontera donc en demi-finale Clarisa Fernandez, 87e mondiale. Un match a priori facile pour la championne de l’US Open et de Wimbledon, qui s’emparera du fauteuil de numéro 1 mondiale après Roland Garros même si elle ne gagne pas. Si tout se passe bien, elle pourrait retrouver samedi en finale sa soeur Serena, qui a fait voler en éclats Mary Pierce, incapable de soutenir le poids de la balle et la cadence infernale de l’Américaine, quart de finaliste à Paris l’an passé et impressionnante de facilité. Le premier quart de finale de la journée, qui opposait deux Argentines, a vu le succès de la surprenante Fernandez, 20 ans. La longiligne gauchère originaire de Cordoba a obtenu son billet pour les demi-finales en sortant Paola Suarez, 2-6, 7-6 (5), 6-1. Complètement inattendue à ce stade de la compétition, elle disputera sa première demi-finale d’un Grand Chelem. Depuis Gabriela Sabatini en 1992, aucune Argentine n’avait atteint ce stade de la compétition au « French ».
Après un début de match difficile, Fernandez, qui ne s’est véritablement consacrée au tennis qu’à partir de 15 ans, a repris du poil de la bête dans le deuxième set, pour emporter le tie-break de la deuxième manche sur un ace. Elle a ensuite parfaitement muselé sa rivale, bourreau des Françaises dans le tournoi. «C’est incroyable d’être en demi-finales», a commenté Fernandez, habituellement plus à l’aise sur gazon et sur surfaces rapides. «Je ne m’attendais pas à y arriver si tôt.» L’Argentine, qui a entendu parler de Sabatini il y a seulement trois ou quatre ans, avait créé la surprise aux tours précédents en éliminant la Belge Kim Clijsters (4) et la Russe Elena Dementieva (13). Grâce à son nouveau succès, elle devient la première joueuse non tête de série à atteindre les demi-finales à Roland Garros depuis Jennifer Capriati en 1990.









