e-sport : 9 millions de joueurs électroniques au Maroc dont 3 millions réguliers et actifs

e-sport : 9 millions de joueurs électroniques au Maroc dont 3 millions réguliers et actifs

Entretien avec Tarik Belghazi, fondateur de MCES Africa

Bien que considéré comme étant encore une discipline «jeune», le sport électronique, communément appelé e-sport, ne cesse de gagner du terrain et de brancher de plus en plus d’adeptes, notamment au Maroc. Tarik Belghazi, fondateur de MCES Africa, première organisation e-sportive globale professionnelle du continent africain, met la lumière sur cette discipline, son mode de fonctionnement, son évolution au Maroc et son utilité.

ALM : Quelle est votre définition du e-sport en 2020?

Tarik Belghazi : Fort de son succès, le sport électronique ne cesse de gagner en popularité. En 2020, le e-sport s’est positionné en tant que media.
Depuis ces 40 dernières années, l’e-sport a été la locomotive de R&D pour les éditeurs de jeux, les fabricants de matériels informatiques et studios de graphisme, et ce depuis la démocratisation des Personal Computers au début des années 1980. De plus, les jeux électroniques se sont imposés au quotidien, et de façon naturelle, à deux générations, et l’e-sport a représenté cet espace d’expression numérique stimulé par des compétitions et la recherche continue de la performance.
Aujourd’hui dans un contexte pandémique, les espaces d’expression se sont raréfiés dans une situation de mobilité très réduite. Ainsi, les jeux électroniques ont servi de lien social pendant cette période difficile et ont offert un espace de compétition et de création numérique. Ce contexte a permis au marché de l’e-sport de bénéficier d’une audience et d’une visibilité exceptionnelle et historique.
Comment voyez-vous son évolution au Maroc ?

Aujourd’hui, 43% de la population mondiale connectée s’est familiarisée avec le e-sport, soit 201 millions de passionnés dépensant 5.45 USD chacun annuellement. Le Maroc connaît la même tendance d’évolution avec plus de 9 millions de joueurs de jeux électroniques dont 3 millions de joueurs réguliers et actifs. La pratique du gaming reste assez répandue malgré une scène e-sportive marocaine naissante

Vous venez de créer MCES Africa. Quel est son objectif ?

Membre de MCES Group, MCES Africa a pour vocation de développer des activités e-sportives pour les amateurs et de contribuer à la professionnalisation des joueurs à travers un hub basé à Casablanca. Notre objectif est d’investir dans la formation des différents opérateurs de l’écosystème, à savoir les joueurs, les coachs, les teams managers, les arbitres, etc.
A cet effet, nous avons lancé le programme académique et nous accueillons notre première promotion que nous accompagnons avec le même niveau d’excellence et les mêmes moyens que nos joueurs européens.

Comment l’e-sport fonctionne-t-il économiquement ?

Il n’existe pas encore de modèle économique propre à l’e-sport. Il fait partie de ces nouveaux secteurs d’activités qui composent l’économie numérique. Chaque organisation développe son propre modèle, qui est en mutation permanente pour s’adapter à des contextes changeants. Ceci rend le secteur intéressant, avec un niveau de risque élevé certes, mais avec un potentiel de création de valeur élevé par conséquent.
De façon générale, les différentes sources de revenus dans l’e-sport restent principalement le sponsoring, le merchandising et la vente d’espaces publicitaires…

Au Maroc, existe-t-il un cadre légal pour la pratique ?

Il n’existe pas de cadre légal particulier pour la pratique du e-sport. La pratique de cette discipline n’en nécessite pas non plus. La difficulté réside principalement dans la perception du gaming. En effet, ce qui peut paraître comme effet de mode s’est ancré comme un axe majeur d’une culture qui s’est digitalisée depuis bien longtemps, et dont nous n’avons pas encore conscience. Au sein de MCES Africa, nous prônons un e-sport responsable qui puisse créer un statut social à nos jeunes qui souhaitent s’orienter dans ce domaine et le faire avec fierté et honneur.

Selon vous, pourquoi cherche-t-on à vulgariser la virtualisation pour la rendre plus réelle?

Cette question m’a longtemps animé et la réponse se trouve dans nos foyers. Nos enfants vivent la virtualisation au quotidien, et il me semble que nous devons éviter la confusion entre la digitalisation des tâches et la virtualisation des émotions. Nous devons accepter la modernité telle qu’elle s’impose à nous, car elle peut être porteuse de nouvelles expériences émotionnelles qui méritent d’être vécues. A titre d’exemple, nous ne pouvons plus envisager que seul le théâtre soit un espace d’expression corporelle. Le réseau social Tik Tok est en 2020 ce théâtre virtuel qui permet à toute une génération d’exprimer son talent, et heureusement d’ailleurs. Ceci nous impose, en tant que citoyens, une certaine responsabilité numérique pour mieux appréhender ces outils et les utiliser dans notre développement personnel.
La virtualisation est une réalité que nous devons accepter pour mieux appréhender l’ère numérique.

Comment se prémunir contre une éventuelle addiction à l’e-sport ?

Le jeu et le divertissement constituent des activités addictives par nature car elles sollicitent les émotions de façon régulière et très intense.MCES Africa propose justement un encadrement strict de la pratique du E-sport pour éviter cette dérive. En effet, il est primordial d’inscrire cette pratique dans un emploi de temps général et de l’aborder avec des objectifs précis pour transformer l’addiction négative en passion positive.

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