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Gazoduc Nigeria-Maroc, un chantier qui métamorphosera l’Afrique

© D.R

Considéré comme l’un des projets stratégiques lancés au niveau du continent africain, le Gazoduc Nigeria-Maroc est de nature à enclencher un décollage économique et à favoriser l’intégration régionale.

Le Gazoduc Nigeria-Maroc qui longera la côte ouest-africaine depuis le Nigeria, en parcourant 13 pays africains, permettra de connecter le marché européen via l’Espagne. D’une longueur de plus de 5.700 km, le projet devra disposer d’une capacité annuelle de 30 à 40 milliards de mètres cubes et fournir environ 3 milliards de pieds cubes standard par jour de gaz. Les progrès significatifs réalisés dans l’exécution du projet stratégique Nigeria-Maroc ainsi que les grands chantiers lancés dans le domaine énergétique et du développement durable ont été au centre d’entretiens, début 2024, entre la ministre de la transition énergétique et du développement durable, Leila Benali, et le ministre d’État nigérian chargé des ressources pétrolières, Ekperikpe Ekpo, en visite de travail au Maroc. Dans une déclaration à la presse à l’issue de cette entrevue, Mme Benali a indiqué que la visite de travail de M. Ekpo au Maroc constitue l’occasion pour examiner les différents projets, plus particulièrement celui du Gazoduc Nigeria-Maroc, rappelant que ces projets s’inscrivent dans la dynamique positive insufflée aux relations bilatérales par la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Nigeria en décembre 2016 ainsi que suite à l’entretien téléphonique que le Souverain a eu avec le président de la République Fédérale du Nigeria, Bola Ahmed Adekunle. De son côté, M. Ekpo a indiqué que sa visite de deux jours au Maroc constitue une occasion pour les deux parties de se pencher sur le projet du Gazoduc Nigeria-Maroc annoncé en 2016 à l’occasion de la visite royale au Nigeria ainsi que de son état d’avancement. «Au vu de ce qui a été réalisé, le projet progresse», a relevé le responsable nigérian, saluant par la même occasion les efforts déployés par le Maroc dans ce sens. Le Maroc et le Nigeria entretiennent des relations de coopération et nouent des partenariats fructueux dans les domaines de la transition énergétique et du développement durable, marqués par l’échange d’expériences et d’expertise, le renforcement des capacités et le développement de projets à la faveur de plusieurs conventions bilatérales entrées en vigueur dans les secteurs des énergies renouvelables, des hydrocarbures, de la production des phosphates et des engrais. Mis en avant dans le discours royal à l’occasion du 47ème anniversaire de la Marche Verte, ce grand projet a franchi depuis cette date plusieurs étapes en vue de son déploiement. Ceci se matérialise par la signature de cinq mémorandums d’entente confirmant ainsi l’engagement des différentes parties prenantes dans le cadre de ce raccordement qui permettra de fournir du gaz à l’ensemble des pays de l’Afrique de l’Ouest et ouvrira une nouvelle voie d’exportation vers l’Europe. Il est à noter que le discours royal prononcé à l’occasion du 47ème anniversaire de la Marche Verte a mis en avant la portée de ce grand projet comme étant un modèle de coopération Sud-Sud. Cette infrastructure participera en effet à l’amélioration des conditions de vie des populations, l’intégration des économies de la sous-région et l’atténuation de la désertification grâce à un approvisionnement en gaz durable et fiable respectant ainsi les engagements du continent en matière de protection de l’environnement. Le Gazoduc longera la côte ouest-africaine depuis le Nigeria, en passant par le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal et la Mauritanie jusqu’au Maroc. Il sera connecté au Gazoduc Maghreb-Europe et au réseau gazier européen. Cette infrastructure permettra aussi d’alimenter les États enclavés du Niger, du Burkina Faso et du Mali. Pour la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, qui s’exprimait en marge du Forum pour l’investissement en Afrique (AIF – Africa Investment Forum), le Gazoduc Nigeria-Maroc facilitera l’intégration du continent africain. «Ce projet stratégique lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian, Muhammadu Buhari, va permettre d’aller vers cette intégration du continent africain qu’il faut absolument développer», avait dit Mme Benkhadra dans une déclaration à la MAP, ajoutant que ce projet devrait contribuer à l’accès à l’énergie non seulement pour les populations qui en manquent mais également pour développer des secteurs industriels et miniers extrêmement importants. La DG de l’ONHYM avait souligné que tous les pays traversés par ce Gazoduc ont des richesses minières qui nécessitent de l’énergie, notant que ce projet va dans le sens de l’intégration de l’Afrique dont le Souverain porte un intérêt particulier dans le cadre des politiques de coopération menées dans différents secteurs avec les pays africains frères, selon un partenariat gagnant-gagnant. Lancé en 2016 à Abuja sous la Présidence de SM le Roi Mohammed VI et du président nigérian Muhammadu Buhari, ce projet d’envergure reliera les ressources gazières du Nigeria, celles de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et le Maroc et favorisera ainsi l’intégration économique régionale. En juin 2018, ce projet est entré dans une nouvelle phase. En effet, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, accompagné de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan et de SAR le Prince Moulay Rachid, et le président de la République fédérale du Nigeria, Muhammadu Buhari, ont présidé la cérémonie de signature de trois accords de coopération bilatérale, dont un relatif au projet stratégique du Gazoduc Nigeria-Maroc. La construction devrait se faire en plusieurs phases et répondre aux besoins croissants des pays traversés et de l’Europe au cours des 25 prochaines années. Ce projet stratégique représente des avantages multiples. Il s’agit notamment de la collaboration régionale entre le Maroc, le Nigeria, la Mauritanie et les pays de la CEDEAO dans le but de promouvoir le commerce et le développement dans l’intérêt mutuel des pays, l’intégration des économies de la sous-région conformément aux objectifs du Nepad, la réduction du «Torchage» du gaz et la diversification des sources d’énergie, la contribution à la lutte contre la désertification en utilisant le gaz comme forme d’énergie fiable et durable dans la sous-région et la création de richesse et la réduction de la pauvreté en ouvrant des opportunités de croissance économique dans la sous-région.

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