Arafat défend son Leadership

Yasser Arafat s’efforce d’opérer l’un de ses rétablissements dont il a le secret, voulant apparaître comme le seul leader palestinien capable de ressusciter la trêve dans les attaques anti-israéliennes, en dépit des pressions américaines visant à le marginaliser. Mais son appel aux groupes armés de reprendre la trêve rompue la semaine dernière après la résurgence des violences entre Israël et les Palestiniens, a été rejeté par le Hamas, le principal mouvement islamiste palestinien. Les Etats-Unis ont aussi déclaré qu’ils n’accordaient aucun crédit à l’appel de M. Arafat, réaffirmant au contraire leur volonté de le voir mis à l’écart au profit du Premier ministre Mahmoud Abbas. M. Abbas, qui a les faveurs de Washington, n’a jamais été populaire chez lui et fait face à des critiques de plus en plus sévères au sein de son propre mouvement le Fatah, la principale formation palestinienne dirigée par Yasser Arafat. Des jeunes du mouvement s’en sont pris mercredi indirectement à Mahmoud Abbas en fustigeant publiquement à Ramallah son ministre délégué à la Sécurité Mohammad Dahlane, accusé d’être un agent américain. « Nous assistons au retour d’Arafat au devant de la scène politique », relève le politologue Ali Jerbaoui, de l’université de Bir Zeit (près de Ramallah). Ce retour n’était pas évident, alors qu’Arafat fait face au boycottage des Etats-Unis qui, tout comme Israël, refusent de le considérer comme un interlocuteur valable. Washington avait ainsi fait fortement pression pour obliger au printemps dernier le dirigeant palestinien à nommer un Premier ministre alors qu’il n’en voulait pas. Pour le chercheur palestinien, c’est une façon d’admettre que M. Arafat, assiégé depuis décembre 2001 dans son quartier général de Ramallah par l’armée israélienne, reste incontournable, même lorsqu’il a dû renoncer à une partie de ses prérogatives en faveur de Mahmoud Abbas. La tension entre Arafat et Abbas a encore augmenté d’intensité ces derniers jours avec la nomination par le dirigeant palestinien d’un conseiller aux affaires de sécurité, une décision qui réduit les pouvoirs de son Premier ministre en ce domaine d’une importance cruciale.

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